Anthony Briançon se confie après l'humiliation subie par le Pau FC face à Saint-Étienne
Après la cuisante défaite 6-0 concédée à l'aller à Geoffroy-Guichard, l'ex-défenseur stéphanois Anthony Briançon, désormais joueur du Pau FC, lance un appel vibrant à l'honneur et à l'amour-propre de son équipe. Malgré les frustrations récentes, il estime que le groupe béarnais est « finalement à sa place » dans le classement de Ligue 2.
Le naufrage défensif du Pau FC en quelques journées
Interrogé sur la transformation radicale de la défense du Pau FC, passée de la meilleure à la pire de Ligue 2 en une dizaine de matchs, Anthony Briançon avoue : « Pas bien. » Il explique : « Avec le coach Nicolas Usaï, notre jeu était énormément porté sur l'offensive, même si on a fait preuve de beaucoup de solidité sur les dix premiers matchs. Il y a ensuite eu le naufrage à Saint-Étienne (0-6, 12e journée), et juste avant, la défaite face à Dunkerque (0-3). On a pris autant de buts sur ces deux matchs que lors des 10 premières journées. Dès lors, on a basculé dans le négatif. »
Cette situation affecte profondément le défenseur : « Bien sûr, cela fait mal à l'ego. Quand t'as la pire défense, et que tu joues à ce poste, tu le vis mal. À mon âge, je prends du recul. Il y a quelques années, je n'en dormais pas, je gambergeais toute la semaine. Désormais, je suis plus dans l'analyse, j'essaye d'être productif. »
L'adaptation à un nouveau système défensif
Sur le passage à une défense à cinq mise en place par Thierry Debès, Briançon précise : « Ce n'est pas très différent. Il faut comprendre tactiquement. Dans le placement, je suis plus axial, je dois coulisser de chaque côté pour couvrir mes deux centraux. Alors qu'à deux, je me focalisais sur la couverture de mon latéral. Là, je dézone moins et je parle plus pour driver mes coéquipiers. »
Le retour douloureux à Geoffroy-Guichard
Évoquant la lourde défaite 6-0 à Saint-Étienne, l'ancien capitaine stéphanois compare l'expérience à un « énorme KO » de boxe : « C'était une gifle monumentale. Ce retour me tenait à cœur, et ça s'est très mal passé collectivement. J'ai même évité le tour du stade pour remercier les supporters. »
Pour le match retour de ce samedi face à Saint-Étienne, Briançon aborde la rencontre avec des émotions particulières : « J'ai vécu des moments magiques et tragiques là-bas. Ce sont trois années de ma vie qui m'ont marqué, donc oui, c'est particulier, même si je l'aborde comme les autres matchs. »
Sur une éventuelle revanche, il tempère : « Je ne suis pas trop là-dedans. C'est une équipe bien meilleure que la nôtre, avec un effectif colossal. Pas de pression particulière, ni de revanche, mais il faut activer le levier de l'orgueil. Comme un boxeur qui retrouve le même adversaire après un KO, il faut en appeler à l'honneur, sans en faire une fixette. »
La différence entre Saint-Étienne et Pau
Briançon souligne les contrastes entre les deux clubs : « C'est le même métier, mais sans la même attente ni la même popularité. À Saint-Étienne, avec Marseille et Lens, on ne fait pas mieux en termes de ferveur. C'est tellement populaire, médiatiquement stratosphérique, un monde à part. »
Les frustrations de fin de match et la mentalité du groupe
Le défenseur analyse les points perdus dans les dernières minutes : « Si on s'arrête à se dire "et si on n'avait pas pris ce but", on n'avance pas. Finalement, ne sommes-nous pas à notre place, en ayant été fébriles sur les 10 dernières minutes de trop de matchs ? C'est l'histoire de notre saison. On l'a mérité. »
Mentalement, des stigmates persistent : « Quand tu prends un but à la 94e minute à Troyes, tu es obligé d'y penser. Même le but du 2-2 juste avant la mi-temps, alors que tu mènes 2-0. »
Pour la fin de championnat, Briançon mise sur la fierté et les motivations individuelles : « Notre groupe est jeune. Il faut être fier d'arriver à ce niveau, ne pas gâcher ces occasions. Certains ont la pression du contrat, d'autres veulent aller plus haut. Tout le monde a quelque chose à jouer, avec l'opportunité de prendre du plaisir. »
Le rôle de leader au sein du vestiaire
Sur sa place dans l'équipe, il explique : « Je le fais naturellement, en évitant d'en faire trop. Il y a des leaders expérimentés ici. J'essaye d'apporter individuellement, quand il y a un besoin. »
Alors que le Pau FC affronte ce samedi Saint-Étienne après une défaite 4-3 à Troyes, Briançon et ses coéquipiers cherchent à retrouver de la fierté dans une saison marquée par des défaites cruelles et une défense fragilisée.



