Le Biarritz Olympique a vécu une nouvelle fois un maintien en Pro D2 rocambolesque. Sauvé administrativement à quelques heures du coup d'envoi, le BO a mis un point d'honneur à valider son maintien sur le terrain face à Carcassonne (41-15). Une dernière soirée libératrice à Aguilera, marquée par les adieux de plusieurs cadres, dont le triple champion de France Piula Fa'asalele.
Un maintien sauvé par le CNOSF
Biarritz a encore vécu un maintien en Pro D2 folklorique. Sauvé il y a deux saisons par un succès d'Aurillac à Montauban, le BO a cette fois pu remercier le CNOSF. Alors que les joueurs s'apprêtaient à jouer l'avenir du club sur la dernière journée contre Carcassonne, la donne a changé en cours de journée. En début d'après-midi, la FFR annonçait officiellement que les Biarrots récupéraient deux points, initialement retirés par la LNR, suite à l'appel formulé auprès du CNOSF.
Soigner la sortie
Cette annonce inespérée aurait pu anesthésier le groupe. Boris Bouhraoua a dû réajuster son discours à la hâte : « C'était une journée très compliquée à gérer. Je voulais vraiment qu'on reste dans l'esprit de se dire : les gars, il faut qu'on gagne, et avec le bonus, pour faire plaisir à tout le monde. » Devant les 10 500 supporteurs présents à Aguilera, un accident face à une USC déjà condamnée aurait vraiment fait tache. Pas question pour Boris Bouhraoua de laisser croire que le club ne devait son salut qu'aux bureaux parisiens. « On voulait le valider sur le terrain pour ne pas qu'on dise après : s'ils n'avaient pas eu les deux points… » Contrat rempli sur le pré, où les Biarrots ont assuré le spectacle pour s'éviter toute remarque désobligeante.
Le poids des points retirés
Si les esprits étaient à la fête à l'issue de la victoire, la restitution tardive des deux points a aussi ravivé la frustration d'une saison passée à courir avec un boulet au pied. Ou plutôt cinq, puisque le BO avait déjà démarré la saison avec une pénalité de cinq unités. La sanction additionnelle de décembre était d'autant plus perçue comme illégitime par le vestiaire qu'elle découlait d'erreurs remontant à 2022. « Ces points en moins, ce n'est pas le sportif, a rappelé le technicien biarrot. Ce sont des histoires qui datent d'avant même que nous arrivions. Au bout du compte, c'était un dû. » Bouhraoua a également souligné l'impact psychologique d'un tel handicap au fil des mois : « On oublie au mois de mai qu'il y a des points en moins. Sauf que c'est très raide, car il y a un sentiment d'injustice. » L'épine enfin enlevée, le manager estime pouvoir enfin basculer vers sa « phase 2 » de reconstruction.
Une page se tourne pour les partants
L'enjeu sportif évacué, la soirée a pu servir de jubilé pour les cadres sur le départ (Yann David, Steeve Barry, Clément Martinez…). L'hommage le plus appuyé ? Pour Piula Fa'asalele. Presque une évidence. À 38 ans, le deuxième ligne samoan referme le livre d'une carrière majuscule, longue de 19 ans en France, pour trois titres en Top 14. Avec l'humilité qui le caractérise, l'ancien Toulousain a placé la mission maintien à la hauteur de ses plus grands succès : « Garder le club en Pro D2, c'est presque un Brennus pour moi. Je voulais quitter le club en le laissant dans un bon état pour ceux qui restent derrière moi. » Une personnalité à part, comme l'avait d'ailleurs glissé un autre grand nom au moment de sa signature : « Le jour où ça s'est fait, Ugo Mola m'a dit : « Tu verras, tu ne rencontreras jamais une personne comme lui ». Il avait raison, c'est quelqu'un d'unique », a raconté Boris Bouhraoua. Le manager biarrot voit déjà son leader s'épanouir en dehors des terrains, lui prédisant « une grande carrière d'entraîneur. » L'intéressé coachait cette saison les Crabos du BO. Pour mieux intégrer un jour le staff des pros ? En guise de réponse, un malicieux « à voir ».



