Le Festival de Cannes 2026 a réservé une place de choix à Quentin Dupieux, dont le nouveau film «Full Phil» a été présenté en compétition officielle. Le réalisateur, connu pour son humour absurde et son univers décalé, livre une œuvre qui, cette fois, semble diviser la critique et le public.
Un concept toujours aussi barré
«Full Phil» raconte l'histoire de Phil, un homme ordinaire qui se réveille un matin avec la capacité de voir les pensées des autres sous forme de bulles de bande dessinée. Ce don, ou plutôt cette malédiction, le plonge dans un quotidien chaotique où chaque interaction devient une source de malentendus et de situations cocasses. Dupieux, fidèle à son style, mêle le grotesque au trivial, avec une mise en scène minimaliste mais efficace.
Un humour potache et froid
Le film assume pleinement son côté potache, avec des gags visuels qui rappellent les cartoons et un rythme soutenu. Mais là où Dupieux surprend, c'est dans la froideur qui émane de l'ensemble. Les personnages, interprétés par un casting impeccable (notamment un Jean Dujardin méconnaissable), semblent évoluer dans un univers aseptisé, presque clinique. Cette dichotomie entre le rire et le malaise est la marque de fabrique du cinéaste, mais elle atteint ici un paroxysme qui peut dérouter.
Une réception mitigée
À l'issue de la projection, les réactions étaient partagées. Certains critiques saluent l'audace et la cohérence d'un cinéaste qui ne se renie pas, tandis que d'autres regrettent un film trop froid, manquant d'émotion. Le public, lui, a oscillé entre rires francs et silences gênés. «Full Phil» est sans doute le film le plus clivant de cette compétition cannoise.
Quentin Dupieux, fidèle à son habitude, n'a pas fait de déclaration fracassante après la projection, laissant son œuvre parler pour elle-même. Une chose est sûre : «Full Phil» ne laisse personne indifférent.



