Les Landaises ont parfaitement réagi dans la finale qui les oppose à Bourges. Voilà les tenantes du titre aux portes d'un doublé inédit après leur victoire en Coupe de France, ce dimanche (19 heures). « Moi j'y vais, là. Je vais monter la Rhune. » Et c'est ainsi que Marie Pardon, hilare, quitte la conférence de presse après la victoire de Basket Landes, vendredi, face à Bourges.
Un succès 59-54 pas des plus éclatants, mais sûrement le plus précieux de la saison. Celui qui permet aux Landaises de rester en vie dans cette finale de championnat face à Bourges en se donnant le droit de disputer une troisième manche après avoir perdu lourdement la première (67-49). Alors oui, le soulagement plane dans la petite pièce nichée dans les entrailles d'un espace Mitterrand encore tout frémissant de la soirée qu'il vient de passer.
Un espace Mitterrand prêt pour la belle
Un espace Mitterrand déjà prêt à se remplir jusqu'aux cintres, dimanche (19 heures), pour une belle qui, les Landais l'espèrent, portera vraiment bien son nom alors que le club est tout près de réaliser un double historique : conserver son titre de champion de France, acquis l'an passé, en trois manches, contre Tarbes, et ainsi compléter la Coupe de France remportée le 25 avril dernier.
Pour cela, il faudra une nouvelle fois museler les Tango, leur imposer cette densité physique, cette défense acharnée qui font la marque de fabrique des Bleu et Blanc, cette saison plus que jamais. La fatigue est là, il ne peut en être autrement. Mais comme l'a assuré la meneuse au drive déroutant, six nouvelles passes décisives à son actif vendredi : « Du carburant ? Toujours ! Il en reste dans la tête et dans les jambes. C'est ça, les play-offs, c'est long mais c'est pour la bonne cause. »
« Ce n'était pas nous »
La native du Rhône poursuit : « Ça ne pouvait pas s'arrêter comme ça. Après la défaite à Bourges, t'as direct envie de revenir à l'entraînement. On avait été dominées physiquement et dans l'intensité, alors que c'est un secteur qu'on a dominé toute la saison. On ne voulait pas finir comme ça. On a hâte d'être à dimanche. Je me sens soulagée car on savait qu'elles (Bourges) voulaient plier ça en deux matchs. On n'avait pas le droit à l'erreur. On savait qu'on avait tellement de choses à améliorer après un petit retour vidéo du staff. Les images étaient parlantes par rapport à nos attitudes sur le terrain : ce n'était pas nous et on savait qu'en étant nous-mêmes, ça allait forcément mieux se passer. »
Murjanatu Musa (8 points, 9 rebonds pour 14 d'évaluation) a retrouvé vendredi sa hargne et son punch. Sa coach Julie Barennes est tout aussi joyeuse. « Elle est contente de sa blague. Un jour de repos, elle est allée monter la Rhune en début d'année, j'ai adoré. Marie, elle n'est jamais fatiguée. » Ce n'est pas le moment. Et il y avait tant à se faire pardonner après le rendez-vous manqué lors du match 1 dans le Cher.
« Contente de la victoire et de la manière. On a un peu plus joué au basket. Ce qui a changé (par rapport au match 1) ? Beaucoup de choses, offensivement comme défensivement. À Bourges, elles nous ont fait déjouer, on a été surprises par l'agressivité qu'elles ont mise et aujourd'hui (vendredi) on a été capables de répondre à l'intensité et se mettre à la hauteur du combat qu'elles proposent. »
Une Lacan des grands soirs
Un combat qui a laissé des traces sur les mines berruyères. L'agacement qui pointe dans la voix de l'arrière Monique Akoa Makani ne laisse guère planer de doute sur la frustration des Tango de ne pas avoir su rééditer leur performance du match aller. « L'équipe de Basket Landes s'est servie de son public, elles ont été galvanisées. On a eu un temps faible qui a été un peu trop long et contre des équipes comme ça, dans des matchs comme ça, ça se paie forcément. Elles ont su se jeter sur tous les ballons, les rebonds. Ce sont de petits trucs qui font la différence dans des matchs comme ça. Dimanche, il va falloir être encore plus intense défensivement. »
Son entraîneur, le Landais Olivier Lafargue, complète. « Défensivement, on arrive à faire une belle partie. Je pense qu'on peut mieux jouer offensivement. Mais quand elles ont démarré, on a eu un peu de mal à les arrêter. Dans la débauche d'énergie, les filles ont fait une belle partie, je suis très fier de l'image que l'on a montrée encore à la fin, à essayer d'aller réduire le score. On savait qu'elles n'allaient pas venir en victimes expiatoires, on avait peu de doute qu'elles allaient nous challenger. Et Leïla Lacan a montré pourquoi c'est une des meilleures joueuses françaises. »
Et maintenant, récupérer
L'heure n'était pas aux envolées sentimentales, vendredi, après l'intense manche 2 entre Basket Landes et Bourges. « Une belle finale ? Franchement je m'en fous. Elle est intense en tout cas avec deux équipes magnifiques, qui ont du cœur et qui essaient de s'investir vraiment », coupait court Olivier Lafargue, l'entraîneur des Tango, très pragmatique. « On va essayer de se reposer, de prendre notre temps pour analyser la rencontre, pour essayer de se poser avec les filles, de discuter un peu et puis de revenir avec le maximum d'énergie pour jouer ce match. »
Un discours forcément très proche chez son homologue Julie Barennes. « Dimanche il faudra la même chose, on a peu de temps de récupération, la clé sera notre capacité à enchaîner et offensivement garder les pieds sur terre. » La Lot-et-Garonnaise se montre, elle aussi, peu disposée à s'épancher sur ses ressentis. Pas le moment, pas encore.
« Honnêtement, je ne suis pas trop dans les sentiments actuellement. Je suis dans le ''on y va'', quoi, dans le solutionnisme (sic). Je réfléchirai à tout ça et je ferai des phrases et des belles interviews plus tard. Là je suis pressée d'aller voir le match, je suis pressée de regarder ce qui a fonctionné, ce qui n'a pas fonctionné. Je suis pressée de voir mon staff pour qu'on travaille, qu'on propose quelque chose. Après, c'est quelque chose de grand et c'est pour ça qu'on est dans cet état-là. On va essayer d'aller le chercher mais on sait que ça va être dur. Ce sera bien plus dur que ça l'a été aujourd'hui (vendredi). »
Une Leïla Lacan des grands soirs (20 points, 4 interceptions, 4 fautes provoquées et 21 d'évaluation) qui a su dynamiter le jeu des siennes pour contrarier celui de ses adversaires à chaque fois qu'il l'a fallu et qui sera encore, très certainement, la joueuse à suivre ce dimanche soir. Elle avait déjà mené les siennes au titre il y a un an. Basket Landes ne demande qu'à revivre le même scénario, pour le plus fou des doublés.



