Nîmes Olympique : après la sanction de la DNCG, qui peut sauver le club ?
Mardi 24 juin, la DNCG a exclu Nîmes Olympique de tous les championnats nationaux. Après avoir encaissé le coup, les décideurs locaux se sont vite relevés et préparent l’appel. Dans un monde idéal, Nîmes devrait être en train de préparer l’inauguration du nouveau quartier et du nouveau stade des Costières, projet structurant à 250 millions d’euros imaginé par Rani Assaf et le cabinet d’architecture Valode & Pistre. Dans le monde réel, il n’y a ni néoquartier, ni stade. Il y a un club mourant, rétrogradé sportivement en National 2 en mai et administrativement au niveau régional mardi par la DNCG. Un club à sauver en deux semaines, puisque Nîmes Olympique va contester l’exclusion de son équipe première des compétitions nationales. Il a sept jours pour le faire, avant de passer en commission d’appel, sûrement la semaine du 7 juillet. En attendant, c’est l’heure des grandes manœuvres… et d’un repreneur ?
Le budget de Yannick Liron
Les motivations de la décision de la DNCG se précisent. La sanction serait plus d’ordre juridique que budgétaire. Pour Nîmes Olympique, le gendarme financier du foot français souhaite dans l’idéal un repreneur, un vrai, un homme fort, un actionnaire à la tête d’une société. Quand bien même la grande majorité des clubs de National 2 est gérée par des associations et pas des sociétés. Et quand bien même le budget porté par l’Association et Yannick Liron avait de quoi tenir la route : 2,8 millions d’euros dont 1,2 million de la Ville, 100 000 euros du Département, 35 000 euros de la Région, 150 000 euros de sponsoring privé, 375 000 euros de mécénat… plus la billetterie, sans doute surévaluée (3 000 spectateurs de moyenne). Mais 86 % des recettes étaient garanties, assure M. Liron. Et les dépenses mesurées, qui prévoyaient notamment 600 000 euros de masse salariale joueurs, avec 7 contrats fédéraux seulement et 12 assiettes forfaitaires (moins de cotisations pour l’employeur, salaire net plus élevé).
L’entregent de Franck Proust
Si la DNCG ne veut pas d’une Association se substituant à la SASP (société anonyme sportive professionnelle), si Rani Assaf n’est pas disposé à continuer et si Vincent Bastide (Bastide Médical), l’un des rares à pouvoir le faire, ne veut pas prendre la tête du pool d’entrepreneurs locaux, il ne semble plus qu’y avoir une solution : un repreneur. Il faut trouver en quinze jours, mais on va tout donner. Ce serait le départ d’un nouvel élan, nous a répondu Franck Proust. Qui, selon nos informations, s’est entretenu avec plusieurs potentiels acheteurs, ces derniers jours. Dont un directeur d’envergure nationale et Gardois d’origine, qui a des réseaux et des investisseurs intéressés… Le premier adjoint au maire et président de Nîmes Métropole a confirmé aussi l’engagement municipal à louer le stade des Antonins et le centre de la Bastide cette saison, et à les acheter l’an prochain, le temps que les Domaines (l’État) en fassent l’estimation. Ce qui faciliterait la tâche du ou des repreneurs.
Le trouble jeu de Rani Assaf
Franck Proust a maintenu le dialogue avec Rani Assaf ces derniers mois. Ce qui n’est pas une mince affaire… Les deux hommes ont encore échangé par téléphone ce mercredi après-midi. Ce fut constructif, paraît-il, même si le PDG croco n’avait jamais caché l’éventualité de cesser l’activité de la SASP. Midi Libre s’en était d’ailleurs fait l’écho le premier, dès le 9 juin. L’ex-directeur technique de Free l’a confirmé à la DNCG, sans toutefois fermer la société : il doit d’abord solder ses procès avec les actionnaires minoritaires Gazeau-Roticci, récupérer 1,4 million d’euros que ces derniers ont été condamnés à lui verser, sans compter les millions qui vont tomber sur les transferts de Denkey et Eliasson. De l’argent, il en reste à Nîmes Olympique. Mais, selon la DNCG, pas là où il faut…



