Neuf ans après le décès de Diego Vivancos, espoir du VTT âgé de 17 ans, l'entraîneur Olivier Presse, l'association qui l'employait et le maire de Blausasc, Michel Lottier, ont comparu vendredi 23 octobre devant le tribunal correctionnel de Nice pour homicide involontaire. Le drame s'était produit en septembre 2017 lors d'un entraînement, lorsque le jeune homme avait perdu le contrôle de son vélo et était mort sous l'essieu d'un camion de 32 tonnes. Le parquet, qui avait requis un non-lieu à deux reprises, s'est rapporté au tribunal, qui a mis sa décision en délibéré au 11 décembre.
Un entraînement d'endurance qui tourne au drame
Le 12 septembre 2017, vers 16 h 15, un groupe de huit élèves du Pôle Espoir cyclisme du lycée Don Bosco, dont Diego Vivancos, s'entraînait sur les routes escarpées de la commune de Blausasc, sur les hauteurs au nord-est de Nice. Selon les éléments de l'enquête, Diego, qui était en tête du groupe, dévalait la pente d'un col à une vitesse estimée à 57 km/h. Dans un virage serré, il a freiné, perdu le contrôle de son VTT et est tombé, avant d'être mortellement percuté par un poids lourd de 32 tonnes qui arrivait en sens inverse.
Le groupe comprenait d'autres jeunes cyclistes prometteurs, comme Lucas Martin, premier au classement général de la coupe du monde 2026 de VTT, ou Nicolas Breuillard, 50e du Tour de France cette année. L'entraîneur, Olivier Presse, âgé de 40 ans, suivait le groupe en voiture au moment des faits.
Une signalisation insuffisante et une convention contestée
L'enquête a révélé que la circulation des camions était normalement interdite sur cette route. Toutefois, la commune de Blausasc avait signé une convention pour autoriser le passage de poids lourds desservant une carrière, mais sans arrêté spécifique et sans signalisation suffisante. C'est ce qui a conduit à la mise en examen de Michel Lottier, le maire de la commune, âgé de 68 ans, pour homicide involontaire.
À la barre, M. Lottier a plaidé qu'un arrêté « n'aurait rien changé à l'accident », ajoutant : « Depuis que les grands sportifs se sont installés à Monaco (comme Tadej Pogacar), on a tous les jours des coureurs qui passent et repassent et on n'a jamais eu d'accident ». De son côté, l'entraîneur se voit reprocher un manque de repérages et de prudence. « Quand on lance des gamins à pleine balle, quand on sait qu'il y a des camions sur la route, on ne peut pas ignorer le danger », a fait valoir Me Adrien Verrier, l'avocat des parents de Diego, qui ne demandent pas de réparations financières.
Des témoignages contradictoires et une décision attendue
Le groupe connaissait bien cette route et savait que des camions y circulaient, comme l'avait témoigné Nicolas Breuillard pendant l'enquête. La mère de Diego a décrit son fils comme « un garçon sérieux, mature, autonome », un compétiteur « audacieux, très technique » mais qui « faisait la différence entre le circuit et la route ». Me Eric Borghini, avocat de l'entraîneur, a déploré un « archétype du naufrage judiciaire » : « Neuf ans que le petit est mort et que la famille garde l'espoir de prouver que ce tragique accident serait dû à une faute, peu importe de qui ».
Le parquet, tout en estimant que ses réquisitions de non-lieu pendant la procédure « restaient d'actualité », a déclaré « s'en rapporter au tribunal ». La décision a été mise en délibéré au 11 décembre prochain. Les parents de Diego Vivancos attendent désormais de savoir si la justice reconnaîtra une responsabilité dans la mort de leur fils, neuf ans après le drame.