Paul Seixas, une ascension fulgurante dans le cyclisme mondial
Il se déplace à une vitesse impressionnante, dans tous les sens du terme. Sur son vélo, Paul Seixas se révèle être une véritable bête de course, un phénomène rare. Sa montée record à Saint-Romain-de-Lerps lors de la Faun-Ardèche Classic, réalisée dans le même temps que Tadej Pogacar (16 minutes 18 secondes), en apporte la preuve éclatante. Cette performance spectaculaire a propulsé sa carrière de manière hyper précoce, au point qu'en seulement quelques mois, les questions ont radicalement évolué.
Du doute à la confirmation : une trajectoire exceptionnelle
On est passé de s'interroger sur l'opportunité de l'envoyer sur le Tour de France pour son premier Grand Tour à se demander s'il n'a pas déjà sa place sur le podium aux côtés de Pogi et Jonas Vingegaard. Avant même de mesurer ses progrès face à l'ogre slovène sur les routes de Toscane, le jeune leader de Décathlon CMA-CGM a déjà franchi un nouveau palier déterminant. Il a remporté ses deux premières victoires professionnelles en seulement six jours de course en 2026, marquant ainsi son territoire avec autorité.
En s'imposant lors d'une étape du Tour d'Algarve de manière irréprochable devant Juan Ayuso et João Almeida - des adversaires de tout premier plan -, puis en terminant deuxième du classement général de cette même épreuve, Paul Seixas a démontré son immense talent. Sa démonstration de force s'est poursuivie en martyrisant Matteo Jorgenseon, Jan Christen et Mattias Skjelmose sur la Faun-Ardèche Classic. Ces performances successives prouvent une fois de plus que le costume de nouvelle star du cyclisme mondial n'est pas trop large pour ses épaules, bien au contraire.
Une précocité qui défie l'histoire du cyclisme
Mieux encore, à ce rythme effréné, et en cas de succès sur des classiques ou des Monuments prestigieux, il pourrait faire tomber des records de précocité historiques. Son podium aux championnats d'Europe constitue déjà une anomalie en soi. Dans les annales du cyclisme, rares sont les coureurs ayant démarré sur de telles bases à seulement 19 ans sur des courses majeures. Les seuls à avoir réalisé mieux, pour l'instant, s'appellent Remco Evenepoel et Juan Ayuso.
Le Belge est devenu champion d'Europe du contre-la-montre et a remporté la Classique de Saint-Sébastien à 19 ans lors de sa première année professionnelle, tandis que l'Espagnol avait terminé troisième de la Vuelta à cet âge. Derrière ces exceptions, c'est le néant complet. Pour la grande majorité des champions légendaires, il a fallu patienter jusqu'à 20 ans pour poser les premières pierres de leurs nombreux grands succès.
Des comparaisons historiques éloquentes- Fausto Coppi a remporté le Giro à 20 ans
- Tadej Pogacar a vaincu au Tour de Californie à cet âge
- Eddy Merckx a triomphé sur Milan-San Remo au même âge
- Bernard Hinault apprenait tout juste à pédaler sans les petites roues à 20 ans
- Jonas Vingegaard était encore loin de ses performances actuelles
Il est particulièrement révélateur de noter que sur la Vuelta qui l'a révélé au grand public, Tadej Pogacar était à quelques jours seulement de fêter ses 21 ans. En d'autres termes, Paul Seixas, également né fin septembre, dispose de deux années entières pour réaliser des performances équivalentes à celles de Pogi sur un grand tour. Si on était à sa place, on ferait tout pour prendre un peu d'avance : aussi doué soit-il, rivaliser avec le Slovène dans sa phase d'explosion actuelle relèverait presque du surnaturel.
La carrière de Paul Seixas s'annonce comme l'une des plus prometteuses de sa génération, avec un potentiel capable de redéfinir les standards de précocité dans le cyclisme professionnel mondial.


