UTMB 2026 : Ben Dhiman pulvérise le record en 18h16
UTMB 2026 : Dhiman pulvérise le record en 18h16

L'Américain Ben Dhiman a remporté l'UTMB 2026 samedi à Chamonix en 18h16'29'', pulvérisant le record de l'épreuve détenu par Tom Evans (19h19) et signant la performance la plus rapide jamais réalisée sur le format 100 miles de la course. Une performance saluée comme « la perf absolue » par Aurélien Dunand-Pallaz, vainqueur de la Hardrock 100 et de la Diagonale des Fous.

Une échappée solitaire dès Les Contamines

Ben Dhiman, natif de l'Ohio et habitant des Pyrénées, a imposé son rythme dès le premier quart de la course. « C'était bizarre parce qu'après Les Contamines, j'étais tout seul, a-t-il expliqué au micro. J'avais le choix : soit je ralentis, soit je fais mon truc. Et j'ai décidé d'aller faire mon truc. » Son rythme infernal et constant a fait des dégâts considérables, et personne ne l'a revu de la course.

Cette victoire est une première pour lui dans un Majeur (Western States, Hardrock 100, Diagonale des Fous, UTMB) à 31 ans. L'an passé, il avait déjà terminé deuxième en 19h52, mais cette année il a explosé la barre des 20 heures, longtemps apparue infranchissable, jusqu'au duel épique de 2022 entre Kilian Jornet et Mathieu Blanchard (19h49 contre 19h55).

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Trois facteurs expliquent le record selon Dunand-Pallaz

Aurélien Dunand-Pallaz, contacté samedi soir, a décrypté les raisons de ce chrono irréel. Il constate d'abord que la trace Strava de Ben Dhiman fait état de 170 km, et non de 173,6 comme le mentionne le site de l'UTMB. « Par rapport à 2025 avec Tom Evans, il y a trois petits changements qui rendent explicables un écart de 15 minutes en faveur de cette édition 2026 », annonce celui qui s'était classé 2e sur l'UTMB 2021.

Le retrait de la portion des pyramides calcaires (comme en 2025) est un gros avantage. « Éviter cette portion fait gagner environ 25 minutes, mais ça n'est pas tout : il ne faut pas oublier qu'une telle difficulté va entraîner de la fatigue accumulée, il y a un côté double peine », résume-t-il. Les conditions météo étaient « vraiment idéales » : températures modérées, de nuit comme de jour, et un décalage du départ de deux heures qui a évité aux 2 500 inscrits de courir trempés par les orages.

L'évolution des chaussures est aussi citée : « Quand on repense à Kilian qui courait avec des chaussures minimalistes. À présent, le carbone permet d'avoir des modèles très légers avec de grosses mousses », ajoute Dunand-Pallaz.

Des chemins plus propres et une classe d'écart

Simon Gosselin, entraîneur de Baptiste Chassagne (2e en 18h47'38''), ajoute un facteur : « Les chemins sont beaucoup plus propres maintenant sur le Tour du Mont-Blanc (TMB). Il y a tellement de gens qui passent qu'il y a de moins en moins de cailloux, je pense que ça joue sur les chronos. »

Interrogé sur la possibilité qu'il s'agisse de la meilleure performance ever sur un UTMB, Caleb Olson, 3e de l'épreuve, a répondu prudemment : « C'est difficile à dire, et difficile de comparer les chronos d'une année sur l'autre. OK, 18h16, c'est vraiment rapide. Les conditions étaient parfaites mais c'est sûr que c'est déjà la performance la plus impressionnante de la saison. » Simon Gosselin est plus affirmatif : « Il y avait une classe d'écart aujourd'hui entre Ben et Baptiste. On peut penser que Ben aurait battu la barre des 19 heures sur le parcours entier. À chaud, je pense donc que c'est clairement la plus grosse performance qu'il y a eu sur l'UTMB. »

Les Français brillent, L'Hirondel marque l'histoire

Outre Dhiman et Chassagne, l'intégralité du Top 10 samedi a bouclé l'aventure sous les 20 heures. Les jeunes Français Virgile Moriset (4e) et Antoine Charvolin (8e) ont accompli cela dès leur première participation. Chez les féminines, Blandine L'Hirondel a signé le premier temps sous les 22 heures pour un UTMB, malgré deux chutes dans le final. Ses deux plus grosses performances en carrière (Diagonale des Fous 2025 et UTMB 2026) suivent son nouveau statut d'athlète pro, après avoir mis en pause sa vie de gynécologue obstétricienne.

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Lilian Gugliero, l'entraîneur de la vainqueure, relativise : « Quand on prend du recul et qu'on constate l'évolution des volumes d'entraînements, leur qualité et celle de la récupération, ça peut être cohérent de voir tous ces chronos. Après il faut voir si ces performances vont durer. Car plus ça va vite, et plus l'impact mécanique est important. Et on parle souvent plus de performance que de santé… »