Après quatre jours de compétition aux Championnats du monde de judo à Bakou (Azerbaïdjan), l'équipe de France ne compte que deux médailles de bronze, un bilan jugé « mauvais » par le président de la Fédération française de judo, Stéphane Nomis, qui reconnaît « une branlée » et évoque des « changements à faire ».
Un bilan contrasté pour les Bleus
Les médailles de bronze de Shirine Boukli en -48 kg et de Dayyan Boulemtafes en -73 kg sont les seules satisfactions tricolores jusqu'ici, alors que la Fédération visait « au minimum quatre médailles d'or ». Ce total semble déjà hors de portée, selon les forces en présence. Ce jeudi, Maxime-Gaël Ngayap-Hambou, Aleksa Mitrovic (-90 kg) et Clémence Emé (-70 kg) entrent en lice avec une pression particulière, alors que le bilan français est « à des années-lumière » de ses standards, notamment au regard des dix médailles remportées aux JO de Paris 2024.
« Dans le judo, tu n'es jamais sûr de rien, notait mercredi Stéphane Nomis. Tu fais de supers championnats d'Europe [12 médailles dont 2 en or en avril à Tbilissi], les gens sont bien, ils sont prêts. En tout cas, tout le monde te dit qu'ils le sont. Et là, les quatre premiers jours sont mauvais. On prend une branlée aujourd'hui, je le reconnais. »
Agbégnénou et Gaba hors du coup
La déception la plus marquante concerne Clarisse Agbégnénou, qui visait un 7e sacre record chez les moins de 63 kg, sept mois après la naissance de son deuxième enfant. La judokate, qui fêtera ses 34 ans le 25 octobre, s'est montrée « nulle », de son propre aveu, en quart de finale face à la Hongroise Anna Kriza et lors du repêchage contre la Mongole Enkhriilen Lkhagvatogoo.
Cette désillusion s'ajoute à l'élimination précoce de Joan-Benjamin Gaba, tenant du titre en -73 kg, sorti dès son entrée en lice mardi, alors qu'il se remettait d'une blessure à l'épaule. Le même jour, Sarah-Léonie Cysique (-57 kg), médaillée de bronze aux JO de Paris, a subi un ippon en demi-finale contre la Japonaise Akari Omori, ce qui a entraîné son évacuation sur civière et son forfait pour le combat de bronze.
Un « manque d'harmonie » entre clubs et fédération
Stéphane Nomis pointe un problème de préparation : « Gaba n'était pas prêt, un peu comme Clarisse, il y avait un manque de compétition, un manque de repères, note-t-il. C'est hyper décevant, mais il y a une petite explication quand même. »
Le président de la Fédération évoque aussi un problème collectif : « Je ne sais pas si je vais tout changer, mais il y a des changements à faire, il y a du travail et un esprit commun à remettre, glisse-t-il. On sent moins l'esprit d'équipe qu'aux JO. Il manque peut-être de l'harmonie entre certains clubs et la fédération. Peut-être qu'on doit recadrer tout ça pour que tout le monde roule sur le même chemin. Ce n'est pas tout à fait le cas aujourd'hui, pas besoin de le cacher. »
En raison du forfait de Teddy Riner sur blessure, les Bleus miseront sur Romane Dicko et Léa Fontaine (+78 kg) samedi, ainsi que sur l'épreuve par équipes mixte dimanche, pour tenter de limiter les dégâts. Ce « crash » en Azerbaïdjan pourrait avoir des répercussions sur l'organisation du judo français à deux ans des JO de Los Angeles 2028.