Alors que les fléchettes connaissent un regain d'intérêt en France, porté par la diffusion des championnats du monde sur La chaîne L'Équipe, le club montpelliérain Hérault Darts Club, surnommé les Badarts, profite de cette dynamique. Fondé en 2018, il compte aujourd'hui 31 licenciés et organise des entraînements conviviaux chaque semaine au bar Les Bockale, en face des Halles Laissac.
Un succès télévisé qui booste les clubs
En décembre 2024, La chaîne L'Équipe diffusait pour la première fois en direct les Mondiaux de fléchettes, réalisant un carton avec 18,5 millions de téléspectateurs cumulés. Cette médiatisation a un impact direct sur les clubs, comme le constate le vice-président des Badarts, Chris : « En Angleterre, en Allemagne, en Belgique, c'est un succès depuis pas mal d'années. Mais depuis l'an dernier, ça passe à la télé, on voit les championnats du monde, la grosse ambiance dans les salles en Angleterre, et ça donne envie aux gens. »
Cette tendance se confirme dans la région : le nombre de clubs au sein du comité Méridional, qui s'étend de Béziers à Nice, a doublé en un an, passant de huit à quinze. Au total, le comité compte désormais 193 licenciés, preuve que la discipline attire de nouveaux adeptes.
Des entraînements conviviaux au bar
Ce mercredi soir, une petite quinzaine de Badarts se sont retrouvés aux Bockale pour s'entraîner dans une ambiance chaleureuse. Face aux deux cibles installées au fond du bar, Chris se concentre pour viser le triple 20, la zone qui rapporte le plus de points. « C'est celle que je vise le plus et donc là où je suis le plus à l'aise. Certains, c'est le 19, moi, c'est le 20 », rigole le développeur web.
L'objectif pour chaque joueur est de réaliser un score de 180 en trois fléchettes, un exploit rare pour les amateurs. « Ça arrive de temps en temps. On est encore à un niveau où on peut les compter et être fiers de ce qu'on fait. On est plusieurs à en avoir mis, il y en a même certains qui les comptent », raconte Chris, en montrant la pochette d'un camarade sur laquelle chaque 180 est marqué.
Charly, considéré comme le meilleur joueur du club, collectionne les photos de ses scores parfaits sur son téléphone. « Je joue tous les jours pour m'améliorer. Je passe même des nuits entières à jouer », avoue-t-il, en montrant des photos prises à 2 h, 3 h, voire 4 h du matin.
Un sport accessible à tous
La pratique attire un public varié, des jeunes aux moins jeunes, des initiés aux débutants. Xavier, surnommé « Criminal », a commencé pendant la pandémie de Covid sur une cible électronique. Malgré son expérience limitée, il a déjà réussi des scores de 180. « Tu le sens direct quand tu vas le faire. C'est la mémoire du geste, tu vises ta fléchette », explique-t-il.
L'accessibilité est un atout majeur : il faut moins d'une centaine d'euros pour s'équiper complètement (cibles et fléchettes). « Si tu veux, tu peux même aller t'entraîner dans les bars, tu auras juste à payer ta bière », plaisante Chris. Cette simplicité explique en partie l'engouement récent.
Luke Littler, la nouvelle star qui change tout
Le sport a vu émerger une nouvelle figure : le prodige britannique Luke Littler, 18 ans, déjà double champion du monde. Son impact est comparé à celui de Tiger Woods au golf. « Il fait passer les fléchettes dans une autre dimension », s'enthousiasme Xavier. « Il a le même effet que les frères Lebrun. Tous les clubs voient des licenciés arriver grâce à lui », complète Chris.
Cet engouement s'explique aussi par le folklore qui entoure les compétitions. « Il y a des surprises chaque année. Certains pros se font allumer par un petit jeune qui sort de nulle part », note Chris. Les fléchettes ont définitivement quitté le fond des bars pour viser le centre de la scène sportive.
Pour prolonger cette dynamique, le club organise un tournoi ouvert au public le dimanche 25 janvier à l'O'liver pub. Une occasion pour les curieux de découvrir ce sport en pleine expansion.



