La chaleur dicte désormais l'organisation des entraînements dans le Gard. Au club d'athlétisme anduzien (Acna), la séance de demi-fond du mardi 28 juillet a été placée à 20 heures sur la piste du lycée Prévert de Saint-Christol-lès-Alès, alors qu'elle se déroulait souvent à 18 heures par le passé. Un ajustement devenu indispensable, rapporté par le correspondant de Midi Libre.
Une canicule qui n'a plus rien d'exceptionnel
Ce décalage s'inscrit dans un mouvement plus large. Le mercure grimpe chaque été, et les sportifs doivent composer avec des périodes de forte chaleur qui ne sont plus l'exception mais la règle.
La canicule des années 1970, un autre monde
Il y a un demi-siècle, les commentaires sportifs évoquaient déjà la canicule lorsque le thermomètre atteignait 30 degrés. Pourtant, à l'époque, cette canicule paraissait supportable : des courses à pied pouvaient encore se tenir en plein après-midi.
Ce scénario est devenu inconcevable. Les organisateurs de courses estivales ont progressivement déplacé leurs horaires, privilégiant le matin, parfois dès 8 heures, pour éviter les pics de température.
Marvejols-Mende : six heures de décalage en un demi-siècle
Le semi-marathon Marvejols-Mende est l'illustration la plus nette de cette mutation. En 1973, la première édition partait à 14 heures. Les dernières éditions se sont élancées à 8 heures, soit six heures plus tôt. Une preuve tangible de l'ampleur du changement.
Cette évolution n'est pas propre à la Lozère. Dans le Gard, les clubs ont adopté la même logique pour les séances d'entraînement.
Courir à 20 heures, une réponse du terrain
Le mardi 28 juillet, les athlètes de l'Acna ont donc commencé leur séance à 20 heures. À cette heure-là, l'ensoleillement est moins agressif, et la chaleur du sol a commencé à se dissiper. Un moment plus propice à un travail de qualité sur la piste.
Les coureurs choisissent également les créneaux du petit matin, quand l'air est encore frais. Deux fenêtres se dessinent dans la journée : avant 8 heures et après 20 heures.
Le réchauffement climatique, nouvelle donne permanente
Les épisodes de fortes chaleurs, devenus récurrents, ne doivent plus être considérés comme des accidents météorologiques. Selon Midi Libre, ils devront être traités chaque année comme une nouvelle contrainte liée au réchauffement climatique.
Cette contrainte modifie les pratiques, mais aussi la préparation. Les clubs intègrent la chaleur dans leur planification, et les coureurs adaptent leurs allures et leurs temps de récupération.
Une adaptation qui va se poursuivre
La séance de l'Acna du 28 juillet n'est qu'un exemple parmi d'autres. Alors que les vagues de chaleur s'installent durablement, les habitudes continueront d'évoluer. Courir à 20 heures ne relève plus d'un tempérament original, mais d'une nécessité climatique.
L'avenir dira si les courses matinales se généralisent encore davantage, mais une chose est certaine : l'époque où le départ d'un semi-marathon était donné à 14 heures en plein été est définitivement révolue.



