À seulement 18 ans, Gabin Fantino Apert, originaire de Valbonne et licencié au Rowing Club Cannes Mandelieu, a décroché une médaille de bronze aux championnats du monde U19 à Plovdiv, en Bulgarie. Cette performance intervient quelques semaines après une autre médaille de bronze obtenue aux championnats d'Europe U19 en 4 sans barreur. Déjà champion de France en 2 de couple J14 en 2022 avec Marc-Anthony Raynaud, le jeune rameur se positionne comme l'un des futurs grands de l'aviron français.
Une finale sous haute tension et une remontée décisive
Gabin Fantino Apert raconte une finale marquée par un stress intense. « La matinée de la finale a été la pire de ma vie. J'étais énormément stressé, au point d'en pleurer », confie-t-il. Malgré une position de quatrième ou cinquième pendant la course, il affirme n'avoir jamais douté de l'obtention d'une médaille : « Je ne me suis jamais dit que nous n'aurions pas de médaille. J'étais convaincu que ça allait arriver. » L'équipe a réussi à dépasser les Néo-Zélandais dans les 300 derniers mètres, une remontée qui a scellé leur succès.
Au moment de la médaille acquise, le jeune rameur s'est tourné vers Maël, l'un de ses coéquipiers, avec qui il partage beaucoup depuis ses débuts. « Je l'ai d'abord félicité, puis nous avons célébré cette médaille ensemble », explique-t-il. Il souligne l'importance de profiter de l'instant tout en sachant qu'il faut rapidement se remettre au travail.
Un parcours initié par une rivalité fraternelle
Gabin Fantino Apert a commencé l'aviron en 2020, pendant l'année du Covid, à l'âge de 12 ans. Après six mois de pratique, il a arrêté, mais a repris sérieusement en 2022, poussé par une rivalité avec son frère : « J'ai vu que mon frère obtenait de bons résultats, je me suis dit qu'il fallait que je le batte. » Ce qui l'a séduit dans cette discipline, c'est avant tout l'esprit de compétition et l'ambiance familiale du club. « J'aime gagner. Pour apprécier un sport, j'ai besoin de faire de la compétition », affirme-t-il, ajoutant que les stages nationaux lui ont permis de se faire des amis dans d'autres villes.
Pour lui, l'aviron est un sport très collectif, où il est essentiel de bien s'entendre avec ses coéquipiers. « Il faut comprendre comment pense l'autre, savoir s'adapter à lui », explique-t-il. Les stages sont des moments clés pour apprendre à se connaître, et au final, « on devient un peu comme des frères ».
Une progression basée sur le travail et des objectifs à long terme
Malgré un palmarès déjà impressionnant, Gabin Fantino Apert reste modeste : « Je n'ai pas de prétention. Je sais que c'est uniquement le travail qui permet d'obtenir des résultats. » Il espère aller chercher mieux que le bronze : « Plus je travaillerai, plus j'aurai de bonnes performances. Aujourd'hui, il y a une médaille de bronze. En travaillant davantage, j'espère aller chercher encore mieux la prochaine fois. »
Cette année, il passe en senior, ce qui change considérablement son rythme d'entraînement. Il s'entraîne désormais douze fois par semaine, soit deux séances par jour pendant six jours, avec un septième jour consacré à la récupération ou au rattrapage. Côté études, il a obtenu son baccalauréat et va entrer en Staps. Il sera reconnu comme sportif de haut niveau à l'université, ce qui devrait lui offrir des aménagements.
Quant aux Jeux olympiques, il confie avoir davantage 2032 en tête que 2028. « Je ne me mets pas de pression en me disant qu'il faut absolument y être. Je me dis simplement que ça viendra peut-être avec le temps », dit-il. Il reconnaît que l'aviron est un sport peu médiatisé, mais il ne recherche pas la notoriété : « Mon objectif n'est pas d'être connu, mais de progresser. »
Enfin, il exprime sa fierté de représenter le Rowing Club Cannes Mandelieu, un petit club qui réussit à former de très bons rameurs. « Je trouve que nous avons une structure très saine, avec de bons entraîneurs et une excellente ambiance », conclut-il. Cette médaille de bronze mondiale est une première pour le club depuis 20 ans.



