Championnats de France d'athlétisme en salle : Belocian brille, la perche déçoit
Athlétisme en salle : Belocian brille, la perche déçoit

Une clôture en apothéose pour les championnats de France d'athlétisme en salle

Les championnats de France d'athlétisme en salle se sont achevés à Aubière avec des performances contrastées. Si certaines disciplines ont brillé, d'autres ont laissé un goût d'inachevé, révélant les forces et les faiblesses du sprint français à l'approche des Mondiaux de Torun.

Wilhem Belocian confirme son statut de favori mondial

Wilhem Belocian a remporté le titre de champion de France du 60 m haies en 7''45, établissant la quatrième meilleure performance mondiale de l'année. Le vice-champion du monde en salle 2025 a salué sa victoire : « C'était une belle bagarre, comme d'habitude. On est magiques en France, j'espère que cela va continuer. » Il se présente désormais comme le grand favori pour ramener une médaille aux Mondiaux 2026 en Pologne.

Son dauphin, Just Kwaou-Mathey, a réalisé un exploit en signant 7''49 en série et en finale, malgré une blessure au pied survenue le matin même : « Je me suis ouvert le pied le matin des courses avec ma valise, ça saignait beaucoup, encore maintenant, c'était dur pour les appuis... » Cette performance sous les minima mondiaux ne lui permettra cependant pas de participer à Torun, l'athlète ayant choisi de privilégier la saison extérieure.

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Le troisième, Romain Lecœur, a battu son record personnel en 7''51, franchissant également la barre des minima fixée à 7''54. Il sera donc du voyage pour les Mondiaux, contrairement à Kwaou-Mathey.

La perche française en demi-teinte

Du côté de la perche, le bilan est plus mitigé. Baptiste Thiéry a réalisé un joli coup en sautant 5,90 m, atteignant ainsi les minima mondiaux. Cependant, Thibaut Collet a coincé à 5,85 m, illustrant les difficultés de la discipline cet hiver.

Pendant ce temps, au niveau international, le Grec Emmanouil Karalis a réalisé 6,17 m, détrônant Renaud Lavillenie (6,16 m) de sa deuxième place historique. Jean Galfione, manager du programme olympique de la Fédération française, nuance cependant : « Nous manquons de perf de pointe, oui, mais nous gardons tout de même une densité avec quatre cinq perchistes de haut niveau, la France est la nation la mieux représentée. Des jeunes, Mathieu Collet, Ethan Cormont, Mathis Prod'homme, annoncent la relève. »

D'autres disciplines en forme

Le 800 m a offert des courses spectaculaires, avec trois athlètes ayant atteint les minima mondiaux chez les hommes comme chez les femmes. L'heptathlon, qui réunit en salle les spécialistes du décathlon, a également été très disputé.

Téo Bastien (Arras) l'a emporté avec plus de 6 000 points, une barre symbolique : « Une barre mythique, presque plus dure à aller chercher que les 8 000 au décathlon. J'ai la deuxième place au bilan français, je fais partie des 14 meilleures mondiaux au ranking, je réunis les conditions pour faire les Mondiaux, j'attends la décision du comité. » Il devance ses camarades d'entraînement Maxime Moitié-Charnois et Luc Brewin (US Talence).

Vers les Mondiaux de Torun

Le comité de sélection français dévoilera sa liste pour les Mondiaux de Torun le 8 mars. Plusieurs athlètes ont déjà fait valoir leurs arguments :

  • Pablo Matéo (60 m) a approché les minima à un centième près et bénéficie d'un bon classement mondial.
  • Melvin Raffin (triple saut) devrait être sélectionné malgré une performance modeste à Aubière (16,45 m), ayant déjà réalisé les minima (16,90 m) plus tôt dans la saison.

Jean Galfione se montre globalement satisfait de ces championnats : « Où les leaders ont joué le jeu et poussé les jeunes à battre plusieurs records de France, espoir ou junior. Notre volonté de challenger les athlètes par les minimas, le fait que personne n'est protégé pour les élections, c'est avec ça que l'on construit la gagne. »

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