Jean-Paul Vespini, spécialiste du cyclisme et auteur de l'ouvrage « Le Tour se joue à l’Alpe d’Huez », a livré son analyse des deux prochaines étapes du Tour de France, qui se concluront au sommet de cette ascension mythique les 24 et 25 juillet 2026. Selon lui, bien que le maillot jaune Tadej Pogacar semble intouchable, la montagne pourrait réserver des retournements de situation pour les autres classements.
Pogacar, un vainqueur annoncé ?
« Je ne pense pas que Pogacar perdra le Tour à l’Alpe d’Huez. Au contraire, je pense qu’il voudra y frapper un grand coup, » déclare Vespini. Le Slovène, quadruple vainqueur du Tour (2020, 2024, 2025, et en passe de remporter l’édition 2026), possède une avance confortable de 4 minutes 32 secondes sur son dauphin Remco Evenepoel. Vespini rappelle que « tout peut toujours arriver sur le Tour de France », citant l’exemple de la chute de Jonas Vingegaard qui l’a contraint à l’abandon lors de la 15e étape. Cependant, il estime que Pogacar voudra s’imposer à l’Alpe d’Huez en jaune, après avoir perdu le maillot au Granon en 2022 face à Vingegaard.
Le combat pour les places d’honneur
« Je crois, en revanche, que le podium peut encore s’y dessiner, » ajoute Vespini. Il souligne la fatigue accumulée par les jeunes coureurs comme Paul Seixas, et prédit une bataille acharnée pour le maillot blanc. « Le combat qui me passionne le plus actuellement est celui du maillot blanc, » confie-t-il. Selon lui, l’Alpe d’Huez est devenue « un passage obligé » pour les grands champions, comparable à la Casse Déserte dans l’Izoard.
La légende de l’Alpe d’Huez
Interrogé sur la mythification de cette ascension, Vespini explique : « C’est une arrivée au sommet, chaque virage est numéroté, ce qui permet d’associer précisément un lieu à une attaque. » Il cite également le rôle de la télévision et l’histoire du Tour. La montagne est surnommée « la montagne des Hollandais » en raison des nombreuses victoires néerlandaises (Kuiper, Winnen, Rooks). « Kuiper disait que, pour un Néerlandais, gagner à l’Alpe d’Huez était plus prestigieux qu’un titre de champion du monde, » rappelle Vespini.
Des retournements historiques
Parmi les exemples de basculements, Vespini évoque Carlos Sastre en 2008 : « Il gagne à l’Alpe d’Huez, prend le maillot jaune et remporte ensuite le Tour. » Son plus beau souvenir personnel reste l’édition 2006, où il a conseillé à Damiano Cunego de viser le maillot blanc après une déception dans l’Alpe. « Des années plus tard, dans sa biographie, il a écrit qu’un journaliste lui avait donné ce conseil décisif. Cela m’a beaucoup touché, » confie Vespini.



