Les congés d'été sont enfin là, mais tous les salariés ne les abordent pas de la même manière. Depuis le post-Covid, on distingue les adeptes des « tracances » (mélange de travail et de vacances), les partisans de la déconnexion totale, et les « joignables partout et tout le temps ». Au bureau, les vacances sont devenues une affaire de personnalité : certains gardent leur destination secrète, d'autres la mettent en scène sur les réseaux sociaux, d'autres encore la planifient à l'extrême.
Les profils psychologiques identifiés par les experts
Parmi les profils identifiés par les psychiatres François Lelord et Christophe André dans leur ouvrage Les nouvelles personnalités difficiles (Odile Jacob, 2023), figure le « méfiant-susceptible », qui s’ingénie à égarer les curieux vers de fausses pistes. Chez les extravertis des vacances, le narcissique, convaincu d’être « exceptionnel, hors du commun et de mériter plus que les autres », se doit de briller et d’en mettre plein la vue en faisant de ses vacances un moment extraordinaire. Le « mythomane », lui, les met en scène, « incapable d’assumer la triste banalité de sa vie », selon Paul-Antoine Martin dans Le temps des pervers (Max Milo, 2025).
L'essor des voyageurs obsessionnels
Les « obsessionnels », particulièrement méticuleux, semblent gagner du terrain. Une étude Kayak.fr/Ipsos (juin 2026) souligne qu'aujourd'hui, « les voyageurs ne comparent plus seulement les prix. Ils analysent également les horaires, les avis, les quartiers, les bagages inclus, les conditions d’annulation ou encore les notes laissées par d’autres voyageurs avant de prendre une décision ». Ainsi, 38 % des Français déclarent comparer « absolument tout, dans les moindres détails, jusqu’au dernier moment avant de réserver ». Cette anticipation est source de stress pour 43 % des Français, selon une étude du Credoc (Les freins au départ en vacances, juin 2026).
Le poids de l'anxiété et du temps de recherche
Derrière ces voyageurs obsessionnels se cachent parfois des anxieux qui tentent de conjurer l’incertitude en calculant tous les scénarios possibles. Un Français sur cinq passe entre une et trois heures à comparer ses options de voyage, tandis que 18 % consacrent plusieurs jours, voire plusieurs semaines, à leurs recherches avant de faire leur choix définitif (Kayak.fr/Ipsos).
Les managers face à la diversité des profils
Pour les managers, l'arrivée des vacances peut virer au casse-tête. Il leur faut arbitrer entre un parent avec charge de famille et un salarié célibataire, refuser certaines demandes ou réduire la durée des congés lorsque l'équipe est déjà exsangue en raison d'arrêts maladie, de congés parentaux ou de l'absence de renforts. Le sujet des vacances cristallise alors des rancunes tenaces et nourrit des comparaisons familiales et sociales.
Les managers préfèrent travailler en août
Et les managers, quand partent-ils ? « Je remarque qu’ils sont de plus en plus nombreux à préférer travailler en août, pour avoir l'occasion de reprendre leur souffle avec un rythme moins soutenu. C’est un mois propice à faire un maximum de choses, un travail de fond dans une ambiance sereine », observe Laurent Levasseur, auteur de La solidité managériale (Bookelis, 2026). Pour les managers, les vraies vacances commencent peut-être lorsque tout le monde est parti.



