Tour de France : les coureurs accros aux glucides, gels et bonbons
Tour de France : l'addiction aux glucides des coureurs

Sur le Tour de France, les coureurs sont devenus de véritables « accros » aux glucides, ingérant jusqu'à 120 grammes par heure sous forme de gels, bonbons et gâteaux. Cette stratégie nutritionnelle, qui a révolutionné le cyclisme moderne, vise à éviter la « fringale » et à maintenir une puissance maximale sur les longues étapes.

Une consommation record de glucides

Selon une étude relayée par Libération, les cyclistes du Tour ingèrent en moyenne 90 à 120 grammes de glucides par heure, soit l'équivalent de 360 à 480 calories. Cela représente une augmentation significative par rapport aux années 2000, où la consommation ne dépassait pas 60 grammes par heure. Les équipes misent désormais sur des produits spécifiques : gels énergétiques, barres, bonbons et même des gâteaux spécialement conçus pour être digérés rapidement pendant l'effort.

« Avant, on mangeait des pâtes et du riz, mais maintenant, on a des formulations scientifiques qui permettent d'absorber plus de sucres sans troubles digestifs », explique un nutritionniste de l'équipe Jumbo-Visma. Les coureurs peuvent ainsi consommer jusqu'à 800 calories par heure lors des étapes de montagne.

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Des risques pour la santé dentaire et digestive

Cependant, cette surconsommation de glucides n'est pas sans conséquences. Les dentistes du Tour constatent une augmentation des caries et de l'érosion dentaire due à l'acidité des gels. « On voit des coureurs avec des dents abîmées dès la première semaine », témoigne un dentiste de l'épreuve. De plus, des troubles digestifs comme des ballonnements ou des diarrhées peuvent survenir si l'absorption n'est pas bien gérée.

Malgré ces risques, la tendance est à l'augmentation. Les équipes investissent dans des nutritionnistes et des préparateurs physiques pour optimiser l'apport en glucides. « C'est devenu un facteur clé de performance, au même titre que l'entraînement ou le matériel », souligne un directeur sportif.

Une évolution liée aux progrès scientifiques

Cette addiction aux glucides est le fruit de recherches approfondies sur le métabolisme des sportifs d'endurance. Les scientifiques ont découvert que le corps humain peut absorber jusqu'à 90 grammes de glucides par heure en utilisant plusieurs transporteurs (GLUT1, GLUT5). Au-delà, le risque de saturation intestinale augmente. Les équipes utilisent des mélanges de glucose et de fructose pour maximiser l'absorption.

« On est passé d'une nutrition empirique à une nutrition basée sur des données précises », explique un chercheur en physiologie de l'exercice. Les coureurs sont désormais suivis en temps réel grâce à des capteurs de glycémie, permettant d'ajuster leur apport en fonction de l'effort.

Un impact sur la stratégie de course

Cette disponibilité énergétique a changé la façon de courir. Les attaques sont plus fréquentes et plus longues, car les coureurs savent qu'ils peuvent reconstituer leurs réserves rapidement. « Avant, on devait gérer son effort pour ne pas tomber en hypoglycémie. Maintenant, on peut attaquer dès le début d'étape », confie un sprinteur. Cela a également permis l'émergence de coureurs plus légers, capables de grimper tout en maintenant une puissance élevée.

Néanmoins, certains puristes regrettent cette « chimisation » du cyclisme. « Le Tour perd un peu de son âme, on dirait des machines à avaler des gels », critique un ancien coureur. Mais pour les équipes, il n'y a pas de retour en arrière possible : la performance passe par une nutrition optimisée.

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