Surtourisme: Menton et Roquebrune-Cap-Martin notées E dans le SurTouriscore 2026
Surtourisme: Menton et Roquebrune-Cap-Martin notées E

Selon le SurTouriscore 2026, une étude nationale réalisée par la plateforme de données territoriales Metricity à partir de 8 835 communes françaises, Menton et Roquebrune-Cap-Martin obtiennent la note la plus sévère (E), signe d'une pression touristique jugée « très forte » sur les habitants. Un an plus tôt, Menton était notée D.

Menton: des indicateurs dans le rouge

À Menton, les données du Collectif national des habitants permanents (CNHP), de l'Insee, de la Base de données nationale des bâtiments (BDNB) et de l'IGN révèlent 1 958 meublés touristiques en 2026, sur 29 519 logements, soit un taux de 6,6 %. Les communes les mieux notées (A) affichent des valeurs inférieures à 1,2 %, tandis que les moins bien notées (E) dépassent 3,9 %. La capacité d'accueil touristique marchande (hôtels, campings, meublés, résidences et villages de vacances, auberges de jeunesse, hors résidences secondaires) atteint 10 605 lits pour 30 604 habitants, soit 35 lits pour 100 habitants. Cet indicateur était à 29 en 2024 et 30 en 2025, mais Menton reste dans le rouge. Les résidences secondaires sont au nombre de 12 634 sur 29 519 logements, soit 42,8 %, selon les données Insee de 2022. La maire de Menton, Alexandra Masson, a rappelé lors de son bilan des 100 jours de mandat que 4 logements sur 10 sont des résidences secondaires. Pour ce taux élevé, la commune reçoit la note E (les communes les mieux notées ont des valeurs inférieures à 3,5 %, les moins bien notées supérieures à 11,9 %). S'ajoutent un taux de loueurs professionnels de 40,6 % et une densité de 28 bars et restaurants par km². Le graphique de capacité d'hébergement marchand montre une progression continue depuis 2015, portée presque exclusivement par les meublés de courte durée, qui ont plus que quadruplé en une décennie.

Roquebrune-Cap-Martin: un cas encore plus marqué

La commune voisine, Roquebrune-Cap-Martin, également classée E, dépasse Menton sur trois des quatre indicateurs: 38 lits pour 100 habitants (contre 35), 49,9 % de résidences secondaires (soit 7 042 sur 14 114 logements) en 2022 (contre 42,8 % pour Menton), et une tension immobilière extrême – 6 094 euros/m² et 20 années de revenu médian nécessaires pour un bien de 70 m², contre 16 ans à Menton.

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Les vallées épargnées

Breil-sur-Roya et Sospel obtiennent la note B (pression limitée), avec un taux de meublés touristiques de 2,5 % et 2,7 % respectivement. Breil-sur-Roya se distingue par une tension immobilière quasi nulle (937 euros/m², 4 ans de revenu médian), et Sospel par un taux de résidences secondaires en diminution (19 % en 2022 contre 24,9 % en 2017). La pression touristique se concentre donc sur la bande littorale, épargnant les vallées de la Roya et de la Bévéra.

Nice aussi notée E

Les grandes villes du département (plus de 50 000 habitants) sont notées sur une méthodologie propre, sans résidences secondaires ni tension immobilière, mais avec un taux de loueurs professionnels et une densité de bars/restaurants. Nice est également notée E (stable par rapport à 2025). Le taux de meublés touristiques est de 4,5 % à l'échelle communale, mais de 11,9 % dans le seul centre-ville, contre 3,6 % hors centre. La capacité d'accueil est de 17 lits pour 100 habitants, et la densité de bars et restaurants de 50 au km² en moyenne, mais de 683 dans le centre-ville contre 33 ailleurs. Un écart qui illustre la concentration extrême de la pression touristique sur un périmètre restreint.

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La loi Le Meur comme riposte

Face à cette situation, la loi Le Meur, validée par le Conseil constitutionnel le 19 mars 2026, donne aux maires de nouveaux leviers: possibilité de réduire la durée de location autorisée d'une résidence principale de 120 à 90 jours par an, définition de quotas de meublés de tourisme, et réservation de secteurs entiers du PLU à la résidence principale. Un enregistrement national obligatoire de tous les meublés touristiques est entré en vigueur le 20 mai 2026, sous peine d'amendes pouvant atteindre 20 000 euros en cas de fausse déclaration. La Ville de Menton a déjà fait part de son intention d'avoir recours à cette loi. Alexandra Masson a signalé vouloir modifier le PLU pour que toute nouvelle construction dans des secteurs déterminés soit dédiée à la résidence principale.

Méthodologie du SurTouriscore

La note va de A (pression faible) à E (très forte). Chaque commune est comparée à ses pairs de taille (moins de 8 000 habitants, de 8 000 à 50 000, plus de 50 000). Pour les villes de plus de 50 000 habitants, quatre indicateurs sont mesurés au niveau du centre-ville (délimité par un algorithme): taux de meublés touristiques, capacité d'accueil pour 100 habitants, taux de loueurs professionnels, densité de bars et restaurants. Pour les communes de 8 000 à 50 000 habitants, le taux de résidences secondaires et la tension immobilière remplacent ces indicateurs. Chaque indicateur est noté par percentile: la valeur la plus favorable (10ᵉ percentile) obtient 100 points, la plus défavorable (90ᵉ percentile) obtient 0. La moyenne donne la note finale: A au-dessus de 80, B entre 60 et 80, C entre 40 et 60, D entre 20 et 40, E en dessous de 20. Les percentiles sont figés sur l'édition 2025 pour mesurer l'évolution réelle. Les données proviennent de l'Insee, Atout France, le CNHP, la BDNB, les Demandes de valeurs foncières (Cerema) et le répertoire SIRENE. Metricity précise que les chiffres reposent sur les annonces actives de location, qui peuvent différer des enregistrements légaux en mairie.