Baptiste, père et anti « No Kids » revendiqué : « Oui, les enfants sont turbulents, mais cette turbulence a de la valeur »
Dans le cadre de notre série en cinq épisodes sur le débat « Kids or no kids », nous rencontrons Baptiste, un père de famille de 40 ans installé en Bretagne, qui s'oppose fermement à la tendance « no kids ». Ouvrier viticole et père de trois garçons âgés de 11 ans, 9 ans et 2 ans et demi, Baptiste chemine intellectuellement tout en élevant ses enfants. Pour lui, ce mouvement n'est rien d'autre qu'un concept marketing visant à diviser la société et à vendre toujours plus cher des espaces exclusifs.
Un concept marketing qui divise
Baptiste compare le « no kids » à d'autres courants similaires, comme le « DINK » (Double Income, No Kid) aux États-Unis, qui vantent les mérites d'une vie sans enfants pour voyager et accumuler des richesses. « Pour moi, le “no kids” est un vieux serpent de mer », affirme-t-il. « Quand l'affaire des wagons sans enfants de la SNCF a surgi, j'ai eu l'impression de relire les mêmes âneries qu'il y a quelques années. » Il souligne que cette tendance crée une fracture sociale inutile, en opposant les parents aux non-parents.
La valeur de la turbulence enfantine
Père engagé, Baptiste ne fait pas de la parentalité le centre absolu de son existence, mais il revendique la présence des enfants dans l'espace public. « Oui, les enfants sont turbulents, mais cette turbulence a de la valeur », insiste-t-il. Il explique que cette agitation est naturelle et contribue à l'apprentissage et au développement social des jeunes. Pour lui, exclure les enfants de certains lieux revient à nier une part essentielle de la vie en société.
Un parcours personnel révélateur
Baptiste partage son expérience personnelle : quand il a eu son deuxième enfant, sa vie à Paris est devenue impossible, ce qui l'a poussé à s'installer en Bretagne. Cette décision reflète les défis que rencontrent de nombreuses familles dans les zones urbaines densément peuplées. Il ajoute : « J'ai beau être parent, je n'en fais pas pour autant le parangon de mon existence. Je veux dire que je suis avant tout un individu qui, à plusieurs moments de sa vie, a eu des enfants. » Cette nuance montre sa volonté de ne pas réduire les gens à leur statut parental.
Une critique de la société de consommation
Enfin, Baptiste pointe du doigt les aspects commerciaux derrière le « no kids ». Il estime que ce concept est utilisé pour segmenter le marché et vendre des services à prix élevés, au détriment de l'inclusion sociale. « C'est un outil marketing qui profite des divisions pour générer du profit », conclut-il. Son témoignage s'inscrit dans un débat plus large sur la place des enfants dans notre société et les valeurs que nous choisissons de promouvoir.



