Le podcast « Les Cassettes du Dr Longueville », diffusé sur Arteradio.com, offre une plongée fascinante dans la société française du début du XXe siècle à travers les enregistrements réalisés par un médecin généraliste. De 1970 à 1985, le Dr Lionel Longueville, installé dans le quartier de Charonne à Paris, a recueilli les souvenirs de ses patients âgés, nés entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe. Au total, il a accumulé une centaine d'heures de témoignages, un véritable trésor d'histoire orale.
Un héritage sonore exceptionnel
À la mort du Dr Longueville en 2020, sa petite-fille, Julie Marcelline Pujol, a hérité de ces cassettes. Elle les a transformées en un podcast de 25 minutes, qui restitue le ton singulier de ces récits. L'accent parisien d'antan et les anecdotes personnelles donnent vie à une époque révolue. Les auditeurs découvrent un quartier populaire où les conditions de vie étaient particulièrement rudes.
La précarité au quotidien
Les témoignages décrivent des logements surpeuplés, infestés de punaises, où l'eau devait être cherchée à la fontaine. L'absence de soins médicaux était criante : « Vous êtes le premier médecin que je paie », s'amuse un vieillard. Les enfants mouraient en bas âge, et les semaines de travail atteignaient soixante-dix heures, six jours sur sept. Dès 12 ans, les parents envoyaient leurs enfants travailler. « Une vie de miséreux », résume l'un des patients.
Un univers rude mais solidaire
Malgré la dureté, le podcast révèle une solidarité plus forte qu'aujourd'hui. Les bagarres au couteau étaient fréquentes, mais le soir, chacun sortait sa chaise devant sa porte pour bavarder avec ses voisins. Julie Marcelline Pujol souligne que ces enregistrements montrent « un monde où la précarité était compensée par l'entraide et la proximité humaine ». Le podcast offre ainsi une réflexion sur les mutations sociales, entre misère et chaleur collective.
Un format immersif
« Les Cassettes du Dr Longueville » fait partie de la série « Profils » d'Arteradio. La réalisation soignée met en valeur les voix des patients, sans commentaire superflu. Chaque récit est un fragment d'histoire, rendant hommage à ces vies modestes. Thierry Noisette, critique pour TéléObs, qualifie le podcast de « captivant », notant qu'il raconte autant les histoires individuelles que l'époque tout entière.



