Depuis le début des années 1970, des dessins stylisés signalent les sites culturels et touristiques qui jalonnent nos trajets en voiture. Leur création et leur installation suivent des critères qui ont changé au fil du temps, comme notre société.
Un patrimoine visuel méconnu
En Indre-et-Loire, le long de l'A10, s'élève l'un des panneaux réalisés par Philippe Collier, l'artiste qui, en 1984, a réinventé leur identité visuelle, dans un camaïeu de tons bruns et un style hyperréaliste. Ces panneaux, souvent appelés "panneaux marron", sont devenus un élément familier du paysage autoroutier français.
Lorsqu'ils empruntent la centaine de kilomètres de l'A63 qui traverse les Landes, entre le sud de l'agglomération bordelaise et Saint-Geours-de-Maremne, les automobilistes ne croisent pas moins de six panneaux les invitant à découvrir les lieux et les activités phares du département. Le premier fait apparaître le logo officiel et le nom du Parc naturel régional des Landes de Gascogne, connu pour son immense forêt de pins.
Le deuxième, six kilomètres plus loin, se contente de mentionner la vallée de la Leyre, un fleuve côtier parfois surnommé « Petite Amazone ». Suivent alors des formes simples et épurées – un surfeur et un estivant sous son parasol –, pour annoncer les plages de la côte d'Argent, puis une fontaine, pour suggérer le thermalisme aux abords de Dax.
Des critères stricts et évolutifs
La création de ces panneaux répond à des règles précises. Leur conception est confiée à des artistes ou designers sélectionnés par les Directions interdépartementales des Routes. Les pictogrammes doivent être compréhensibles immédiatement, sans texte superflu, et respecter une charte graphique stricte : fond marron, contours blancs, formes épurées.
Au fil du temps, les critères ont évolué. Dans les années 1970, l'accent était mis sur les châteaux et les églises. Aujourd'hui, la signalisation intègre davantage les activités de plein air, les parcs naturels et les sites de loisirs, reflétant les nouvelles attentes des voyageurs.
Un impact émotionnel
Selon certains spécialistes, ces panneaux éveillent des émotions liées à l'enfance et aux vacances. Leur simplicité graphique et leur couleur chaude évoquent la détente et l'évasion. Ils participent à l'imaginaire du voyage et à la découverte des territoires.
Philippe Collier, qui a marqué l'histoire de cette signalisation, a su imposer un style hyperréaliste qui contraste avec les premiers dessins plus schématiques. Son travail a contribué à faire des panneaux marron un véritable patrimoine visuel de nos routes.
Aujourd'hui, environ 12 000 panneaux marron jalonnent le réseau autoroutier français. Leur renouvellement est régulier, avec une attention particulière à la lisibilité et à la sécurité. Ils restent un outil essentiel pour valoriser le tourisme local et guider les automobilistes vers les trésors cachés de nos régions.



