À Palavas-les-Flots, la mairie mobilise chaque jour cinquante agents pour assurer la propreté de la station balnéaire, de 6 h à minuit, sur les 7 km de bords de plage et dans les rues. Parmi eux, dix saisonniers renforcent l'équipe de juin à septembre, tandis que l'agglomération du Pays de l'Or prend en charge le nettoyage des plages. Malgré ces moyens importants, les déchets s'accumulent, en particulier la nuit, et les incivilités restent le principal problème.
Un dispositif renforcé pour l'été
Céline Lassort, adjointe à la mairie de Palavas-les-Flots et conseillère à l'agglomération du Pays de l'Or en charge de la propreté urbaine, souligne que ces agents représentent « un renfort important » pour la commune. Elle insiste sur le fait que les déchets visibles ne sont pas dus à un manque de moyens, mais à des comportements humains : « Il est important de comprendre que lorsqu'on voit un déchet, ce n'est pas un manque de moyens de la commune ou de l'agglomération, ce sont les incivilités, les comportements humains. »
Des points d'apports sont pourtant présents en nombre le long des plages, mais « les gens ne font pas l'effort de faire 50 mètres pour jeter leurs déchets », déplore l'élue. Elle appelle chacun à prendre ses responsabilités pour le « bien vivre-ensemble ».
Le travail des saisonniers dès 6 heures du matin
Kylian, 17 ans, est l'un de ces saisonniers recrutés par la Ville. Équipé d'un balai, d'une pince, d'une pelle, de sacs-poubelle et d'un peu d'eau, il sillonne les rues dès 6 heures. Il ramasse mégots, canettes, cartons de glaces et serviettes en papier. Le jeune bachelier regrette que les gens ne fassent pas l'effort de jeter leurs déchets, notamment sur le parking des arènes où « beaucoup de gens traînent là-bas et ils laissent tout derrière eux ».
Malgré tout, il se dit fier de participer à la propreté de sa ville, et ce job étudiant a changé sa vision des choses. Il raconte : « J'ai un pote fumeur qui avait tendance à laisser ses mégots dans le sable quand on allait à la plage. Aujourd'hui, il a compris qu'avec moi il ne pouvait plus faire ça et on prend toujours un sac avec nous. »
Les mégots et les « flashs » : un fléau sur les plages
Paul, 18 ans, est saisonnier pour l'agglomération et chargé du nettoyage des plages. Il constate que les mégots sont les déchets les plus courants, suivis des petites bouteilles d'eau en plastique, surnommées « flashs », que les jeunes remplissent d'alcool et abandonnent sur le sable. Il ramasse aussi beaucoup de microdéchets, comme des petits bouchons en plastique ou des bouts de papier, qui ont « un gros impact sur la biodiversité marine ».
Les bouteilles de protoxyde d'azote, un danger et un coût
Un autre fléau s'est installé durablement : les bouteilles de protoxyde d'azote. Hautement inflammables, elles ne peuvent pas être collectées comme des déchets classiques. Céline Lassort rappelle qu'« l'année dernière, un camion a explosé à cause d'une bouteille » jetée dans un sac-poubelle. Plus de 50 bouteilles sont ramassées chaque semaine, et leur collecte et traitement coûtent 6 à 8 € par unité.
Pour y remédier, un plan de collecte spécifique et une campagne de sensibilisation seront mis en place dès la semaine prochaine. Les bouteilles seront traitées par une entreprise privée qui en fera du mobilier urbain. La sensibilisation visera à expliquer les risques pour la santé et à informer que ces bouteilles ne doivent pas être mises dans le tri classique en raison du risque d'explosion.



