Nice : deux heures de stationnement gratuit dès le 1er septembre
Nice : 2h de stationnement gratuit dès le 1er septembre

À partir du 1er septembre 2026, les automobilistes pourront se garer gratuitement pendant deux heures dans toutes les rues payantes de Nice, contre une heure actuellement, et ce du lundi au samedi. La gratuité débutera également dès 19h au lieu de 20h. Cette mesure, promesse électorale d'Éric Ciotti votée en conseil municipal le 5 juin, vise à « offrir plus de flexibilité et de sérénité […] tout en dynamisant l'économie locale et l'accès aux commerces de proximité » et à « faciliter les trajets quotidiens, notamment des actifs ». À quelques jours de son entrée en vigueur, usagers et commerçants livrent leur sentiment.

Les commerçants du centre-ville misent sur une clientèle plus détendue

Croisée rue Raynardi, Farida, venue de Villefranche-sur-Mer pour faire des courses, se réjouit : « Je viens de Villefranche-sur-Mer pour faire mes courses, surtout des vêtements pour la petite. Le prix du stationnement n'est pas négligeable. Avec deux heures gratuites, je pourrai venir plus souvent et être moins stressée. »

Élodie et Laurent, gérants de Born Koncept, rue Alphonse-Karr, espèrent que les clients prendront le temps de flâner : « Les clientes prendront le temps de profiter sans surveiller sans cesse le temps de parcmètre restant. [...] Le commerce va en profiter. Une heure, ça passe trop vite. Deux heures, ça va convaincre les gens de venir en centre-ville. Surtout ceux qui viennent de plus loin. » La gratuité dès 19h reçoit aussi leur approbation : « 20 heures, ça faisait très tard. C'est très bien pour les clients, mais aussi pour les habitants. » Plusieurs commerçants espèrent que la mesure permettra de mieux rivaliser avec les centres commerciaux et leurs parkings gratuits.

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Les restaurateurs entre optimisme et crainte de moins de rotations

Un restaurateur situé près de l'avenue Jean-Médecin voit dans l'extension de la gratuité une opportunité pour que « les gens aient le temps de déjeuner tranquillement », mais redoute « moins de rotations » et donc une clientèle potentielle moindre. Noël Ajoury, représentant des restaurateurs et cafetiers niçois (environ 650 établissements), joue l'« optimisme » et mise sur le facteur « psychologique ». « Ça va nous faire du bien. Ce sera bien pour le service du midi, surtout. Une heure, c'était trop juste pour trouver une place, rejoindre un établissement, commander, être servi… » Pour le soir, il juge que « c'est mieux aussi ». Il suggère que la Ville étende ces deux heures de gratuité aux parkings qu'elle gère.

Andrée, habitante de la Libé bénéficiant de l'abonnement « stationnement résident », est plus partagée. Si elle reconnaît que « 19h, c'est toujours mieux que 20h », elle estime que « le stationnement en ville reste cher ». « Certes, on ne sera plus obligé de remettre de l'argent en rentrant du boulot le soir, mais ça ne change rien pour le week-end : pour rester chez soi, on continue de payer le samedi. » Elle milite plutôt pour des transports en commun plus accessibles, rappelant que « le prix du tram n'a pas baissé » et que « 360 euros par an [le prix d'un abonnement plein tarif], ça reste une somme ! ». Elle évoque aussi la promesse du maire de revenir au ticket à 1 euro, une mesure à l'étude dont le coût pourrait atteindre « plusieurs millions d'euros », selon la direction de Lignes d'Azur.

L'opposition dénonce une « fausse bonne idée »

Lors du vote en conseil municipal début juin, l'élue écologiste Juliette Chesnel-Le Roux a vivement critiqué la mesure, la qualifiant de « typique de votre politique du tout voiture ». Selon elle, « en permettant d'occuper plus longtemps les places gratuites, [cette mesure] réduit le turnover. Les automobilistes auront davantage de difficultés à trouver une place, ce qui les conduira à multiplier les tours de quartier, entraînant mécaniquement une augmentation du trafic, des embouteillages, de la pollution et des nuisances. » Elle a également pointé le coût : « La Ville se prive de près de 5 à 6 millions d'euros de recettes. »

La municipalité, de son côté, évalue le manque à gagner à « environ 3 millions d'euros ». Cette différence d'estimation illustre les divergences d'appréciation sur l'impact budgétaire de la mesure, qui entrera en vigueur mardi prochain dans toutes les rues niçoises.

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