Le site de distribution alimentaire du 42 rue Dabray à Nice, ouvert en septembre 2025, est menacé de fermeture définitive après moins d'un an d'existence. La pause estivale, qui débute ce samedi, pourrait être le prélude à un arrêt permanent, sous la pression des riverains et des changements politiques.
Un site qui nourrit 190 personnes chaque soir
Selon Didier Roulet, trésorier de l'association Légion Marie, « on nourrit 190 personnes et on risque de fermer un site ». Six associations se relaient du lundi au vendredi, et un samedi sur deux, pour assurer les distributions. La fermeture estivale est justifiée par la Ville par « une diminution du nombre de bénévoles disponibles », ce qui rendrait impossible le maintien de deux sites ouverts simultanément. Le CCAS a donc choisi de regrouper les distributions sur le site du XVe Corps.
Mais les associations contestent cette version. Didier Roulet affirme que les effectifs bénévoles sont suffisants : « Seuls deux soirs seraient à supprimer, parce que deux assos changent leurs missions l'été, la Soupe de Nuit Monaco et l'Armée du Salut ». Contactée, l'Armée du Salut réfute que ses bénévoles prennent congé. Le major Guy-Aaron Milandu déclare : « Le CCAS ne peut pas s'appuyer sur nous pour se justifier ».
La pression des riverains en cause
Un responsable associatif anonyme estime que la fermeture vise surtout à apaiser les riverains : « En vérité, s'ils nous font fermer, c'est pour calmer les riverains ». Des courriers de plainte auraient été envoyés dès l'automne 2025 à Éric Ciotti, nouvellement élu. La municipalité dément, mais l'associatif insiste : « Maintenant qu'il est aux commandes, il ne va pas se défiler ».
Une riveraine, Roxane, exprime son exaspération : « Il faut mettre les mots dessus. Ce sont des toxicos, des punks à chien. Qu'est-ce que j'explique à mon petit de 7 ans quand on doit enjamber un homme ivre pour rentrer chez nous ? » Elle évoque des seringues, des déchets, des insultes, un matelas et du crack sous les fenêtres, et une vitre brisée. Son amie Estelle déplore l'absence de patrouilles de police municipale.
Un lieu d'accueil de qualité menacé
Pourtant, le site offre des conditions d'accueil jugées excellentes par les travailleurs sociaux : salle d'attente et réfectoire intérieurs, ce qui évite les nuisances sonores pour le voisinage et préserve la dignité des bénéficiaires. Un travailleur social déplore : « Après tous les travaux engagés par l'ancienne équipe, quel gâchis ! Et puis, bon courage pour trouver un local neuf avec d'aussi bonnes conditions d'accueil ».
Didier Roulet rappelle que la majorité des personnes aidées sont des personnes âgées isolées, parfois des enfants : « Dire qu'il n'y a que des dangereux, des addicts, c'est faux ». De son côté, Marcel, sans-abri depuis dix ans, ironise : « Un dispensaire pour pauvres, ça craint. Et c'est vrai qu'après une journée à la rue, en pleine canicule, la clim c'est un peu excessif ».
Quel avenir pour le site ?
Selon nos informations, la mairie recherche un autre local. Aucune fermeture totale ne sera actée tant qu'il n'aura pas été trouvé. Mais les associations redoutent que la trêve estivale ne devienne définitive, laissant 190 personnes sans solution de distribution alimentaire dans le quartier.



