La salle de concert et discothèque L'Antirouille, située au 12 rue Anatole-France à Montpellier, rouvre ses portes ce vendredi 28 août après plus de deux mois de fermeture. Le nouveau gérant, Lucas Defossé, directeur général de l'association Apt Musique et développement (AMD), a annoncé vouloir conserver l'esprit underground qui caractérise le lieu et travailler avec les collectifs qui faisaient sa force.
Un changement de direction après quinze ans
L'association Hydroxyde, qui gérait le lieu depuis plus de quinze ans, a cessé son activité en juin. Cette décision a été un choc pour les habitués de cette salle pouvant accueillir 200 personnes. L'Antirouille a connu plusieurs vies : café-concert de 1993 au début des années 2000, puis salle de spectacles vivants, avant de devenir une salle de concert avec ambiance discothèque à partir de 2010. C'est ce dernier concept qui va perdurer.
Lucas Defossé, âgé de 14 ans à son arrivée à Montpellier en 1999, connaît bien le lieu pour avoir fréquenté ses premières années. Il a ensuite créé plusieurs soirées par an avec Vincent Minet, relançant notamment la partie dub-reggaeton. Il ne s'imaginait pas reprendre l'établissement : « Ce n'était pas notre objectif, on était même sur d'autres projets. Florence (Hubert) et Vincent, avec lesquels je travaille sur d'autres projets, nous ont contactés. D'autres personnes voulaient faire de l'Antirouille un club commercial… »
Une programmation éclectique et des tarifs abordables
La réouverture est marquée par deux soirées : ce vendredi 28 août, « I love disco » avec disco, house et funk ; samedi 29, « Noname Mania » avec trap, afro et R'n'B. Les festivités se déroulent de minuit à 5 heures du matin. À partir du 3 septembre, l'Antirouille passera en mode club les jeudis, vendredis et samedis, avec une programmation déjà annoncée sur les réseaux sociaux pour tout le mois de septembre. Tous les styles seront représentés : electro, rock dub, rap, dancehall, bass, disco, techno, trance, jungle, latin…
Les tarifs restent modérés : gratuit le jeudi, 5 à 10 euros les vendredis et samedis. Lucas Defossé justifie ce choix : « Les gens sortent de moins en moins, surtout dans les lieux alternatifs. On le voit à l'Antirouille depuis quelques années. » Il précise que « ce n'est pas une structure qui dégage des bénéfices ou qu'on peut agrandir. En fait, on y a été pour garder l'âme du lieu ».
Des ajustements et un contexte difficile
Quelques changements seront opérés, notamment « au niveau du bar ou de la sécurité à l'entrée ». Cette reprise intervient dans un contexte de crise du secteur culturel, marqué par la baisse des budgets et des subventions. Lucas Defossé, qui se dit « pas là pour faire des miracles », entend faire le maximum pour « maintenir à flot ce lieu qui nous tient à cœur ». Il ajoute : « Et si un jeune veut prendre la suite, il est le bienvenu. »



