Le maire de La Seyne-sur-Mer, Dorian Munoz, a fait supprimer une partie de la piste cyclable de l'avenue Gambetta pour créer 30 places de stationnement. Cette décision, annoncée le 25 septembre 2026, concerne un tronçon de 200 mètres entre le rond-point du 8 Mai et la rue Verne. Les commerçants de l'avenue saluent cette mesure, mais certains demandent désormais la suppression totale de la double voie réservée aux vélos.
Une décision motivée par la souffrance du commerce local
La piste cyclable à double sens avait été installée en octobre 2023, à l'initiative de la maire de l'époque, Nathalie Bicais. Elle s'inscrivait dans le schéma global de traversée de la ville par les deux-roues, porté par la Métropole Toulon Provence Méditerranée (TPM). Dès l'annonce, riverains et commerçants avaient fait part de leurs inquiétudes quant à la disparition de nombreuses places de stationnement dans un secteur déjà difficile à cet égard.
Trois ans plus tard, le maire Dorian Munoz a engagé une marche arrière. Il explique : « L'avenue Gambetta est une artère commerciale en souffrance dans notre centre-ville. Et plus encore depuis la création d'une piste cyclable qui a supprimé des dizaines de places de stationnement, rendant le quotidien plus difficile pour les riverains et pour nos commerçants. J'ai donc demandé à la Métropole de déplacer la piste entre le rond-point du 8 Mai et la rue Verne. Résultat : les cyclistes peuvent continuer à circuler et 30 places de stationnement ont été créées. C'est en permettant aux consommateurs de stationner que notre centre-ville revivra. »
Les commerçants veulent aller plus loin
Depuis une dizaine de jours, 200 mètres de piste cyclable ont été effacés et des places de parking tracées par-dessus. Une décision appréciée par les commerçants situés sur cette portion, mais d'autres, installés plus bas sur l'avenue, souhaitent une extension de la mesure. Jean-Marc Barranco, qui tient un cabinet d'assurance, affirme : « Il faut supprimer aussi ce qu'il reste de cette piste cyclable, ou a minima entre la rue Verne et la Bourse du travail. On regagnerait une trentaine de places et on pourrait retrouver une voie de circulation qui a été supprimée en 2023. C'est important car je perds des clients depuis que cette piste a été créée. Ils ne peuvent pas se garer du fait qu'il y a très peu de turnover sur les places existantes, surtout occupées par les riverains et les clients du supermarché du bout de la rue. »
Son voisin épicier, Khalid Aissaoui, abonde : « Depuis deux ans, un salon de thé, un primeur, un boucher, un boulanger, un snack, un bar et un marchand d'articles de pêche ont fermé sur cette avenue où on manque de stationnement. » Les deux hommes partagent aussi le constat que « cette piste cyclable ne sert à rien. On y voit très peu de vélos ; elle est même davantage utilisée par les automobilistes que par les cyclistes ! Et puis il y a des bouts de voie cyclable sur les deux avenues parallèles, Gagarine et Zola. » Ils observent également que « le fait qu'il n'y a plus qu'une seule voie de circulation sur Gambetta génère des bouchons incessants en fin d'après-midi quand les gens rentrent du travail et cherchent à se garer ».
L'association des cyclistes s'oppose à la mesure
L'association Toulon Var Déplacements, qui défend les « droits des piétons, des cyclistes et des usagers des transports en commun », n'apprécie pas l'initiative. Elle commente : « Il est évident que la nouvelle situation est moins sécurisante pour les cyclistes. Nous nous opposons à de tels reculs et nous demandons que la piste cyclable soit rétablie. » L'association estime également que « la légalité de cette décision (la suppression de 200 m de piste, Ndlr) est très questionnable puisque la possibilité d'un aménagement a été prouvée depuis trois ans par la présence d'une piste bidirectionnelle ».
Du côté de l'hôtel de ville, on indique que la municipalité souhaite poursuivre la réflexion : « M. le maire demande à TPM une étude afin de voir ce qu'il est possible de faire pour créer d'autres places de stationnement sur l'avenue Gambetta. On peut par exemple réfléchir aux anciens emplacements de terrasse aujourd'hui vacants. On peut aussi s'interroger sur la largeur du parvis de la Bourse du travail… » Tout cela dans une logique de « pragmatisme » : « La volonté de M. le maire n'est pas de supprimer des pistes cyclables par principe, mais de remettre du stationnement au cas par cas, là où c'est possible, afin de contribuer à redynamiser le centre-ville, car telle est aujourd'hui la priorité de la municipalité. »