Sur les plages françaises, les responsables de vols de nourriture sont le plus souvent des goélands, bien que beaucoup les appellent spontanément « mouettes ». Plus grands, plus puissants et plus opportunistes, ils se sont particulièrement bien adaptés à la présence humaine. S'ils s'approchent si près des vacanciers, c'est parce qu'ils ont compris que l'être humain représente une ressource alimentaire facile. Dans les villes et sur le littoral, ils exploitent les déchets, les pique-niques et les repas pris en plein air. Pour un oiseau opportuniste, voler une frite demande bien moins d'énergie que capturer un poisson. Les biologistes parlent de kleptoparasitisme, une stratégie consistant à dérober la nourriture obtenue par un autre individu. Les goélands l'utilisent aussi entre eux ou envers d'autres oiseaux marins.
Ils observent vos gestes avant de passer à l'attaque
Le plus surprenant est que ces oiseaux ne se contentent pas de repérer de la nourriture : ils observent aussi les humains. Une étude menée par l'université d'Exeter a montré que des goélands argentés étaient plus susceptibles de choisir un aliment qu'ils avaient vu un humain manipuler quelques instants auparavant. Dans l'expérience, 79 % des oiseaux ayant fait un choix ont sélectionné l'aliment manipulé. D'autres travaux montrent également que les goélands hésitent davantage à s'approcher lorsqu'une personne les regarde directement. En effet, dans une expérience menée en milieu urbain, ils mettaient significativement plus de temps à atteindre une source de nourriture lorsqu'un expérimentateur les fixait du regard que lorsqu'il regardait ailleurs. Ils utilisent donc nos gestes et notre attention pour évaluer le risque et leurs chances de succès.
Tous les goélands ne deviennent pas des voleurs
Contrairement à leur réputation, tous les goélands ne dérobent pas la nourriture des touristes. Une étude britannique a montré que seule une minorité d'individus osait s'approcher pour saisir un aliment à proximité d'un humain. Les chercheurs pensent que certains oiseaux sont plus audacieux ou plus expérimentés que d'autres, mais les raisons précises de ces différences restent encore mal comprises. En revanche, il est clair que notre comportement favorise cet apprentissage : nourrir volontairement les oiseaux ou laisser des restes accessibles les encourage à revenir. Garder son repas près de soi et ne pas les alimenter reste donc le meilleur moyen d'éviter une attaque et de limiter cette habitude.



