Chaque matin, Stanislas Nivor, facteur à Sète depuis quatre ans, distribue une centaine de lettres et une trentaine de colis. Il a ouvert les portes de son quotidien à Midi Libre, le 26 août, depuis la plateforme du centre-ville, boulevard Casanova.
Une matinée bien rodée entre tri et préparation
La journée de Stan commence à 7 h 15 par le tri du courrier. Il reçoit une pile de lettres considérable qu'il range dans un casier, où chaque compartiment correspond à une rue de sa tournée et chaque sous-compartiment à un numéro. « Ah, elle, elle a changé d'adresse », remarque-t-il en agitant une lettre. Stan fait la même tournée depuis novembre 2025, du port de Sète jusqu'à la zone industrielle des Eaux Blanches. Il connaît par cœur chaque rue et chaque adresse, ce qui lui permet de gagner du temps. « Ça me permet de gagner du temps. Puis, les gens sont plus rassurés lorsqu'ils voient le même facteur, on garde un bon contact », explique-t-il.
Les courriers défilent à toute vitesse entre ses mains. Tout va dans une caisse orange : allocations familiales, journal Midi Libre et, vacances estivales obligent, une carte postale d'Oléron. « Je regarde juste l'adresse, je ne lis surtout pas », jure le facteur, consciencieux. Il descend ensuite chercher les colis. Il en livre une trentaine chaque jour, sur 1 100 acheminés jusqu'à Sète. Il sourit en scannant un paquet Ikea : « Certains vont me demander de monter le meuble. »
Une organisation méthodique et un lien de confiance
En sept ans de métier, Stan a trouvé son organisation. Il range les colis de gauche à droite sur son chariot, puis les prend de droite à gauche pour les mettre dans son véhicule. « Il faut être méthodique, c'est mon bordel organisé ! » Autour de 9 h, la plateforme du centre-ville s'est vidée. Le bolide jaune de Stan est prêt pour la tournée. Il enfile la veste sans manches bleu marine, clés des boîtes aux lettres autour du cou, badge d'accès aux résidences dans la poche : « C'est bon, je peux passer une bonne journée. »
Stan livre des particuliers, mais également des professionnels. Après un premier arrêt au port, la tournée se poursuit à la Marina Igy. « Tu t'es rasé ? » lui demande l'hôtesse d'accueil. « Oui, merci ! répond en souriant Stan. Comment va ton fils ? Il va faire sa rentrée ? » Le facteur croise les mêmes femmes et hommes tous les jours et crée un lien particulier avec eux. « On a une relation de confiance. Certaines personnes sont seules, je m'arrête cinq minutes pour discuter, boire le café. J'aide à porter les courses, je livre chez le voisin lorsqu'ils ne sont pas là. Je veux que le client soit content », confie-t-il.
Un métier en pleine évolution
En plus de livrer le courrier, Stan récupère les dosettes de café chez certaines entreprises et vend des timbres aux habitants qui veulent éviter le déplacement au bureau de poste. « Le métier a beaucoup évolué ces dernières années, on devient polyvalent », souligne-t-il. Alors que l'entreprise n'a délivré que six milliards de lettres en 2025, contre 18 milliards en 2008, elle se diversifie en proposant des services d'aides à la personne. En fonction des offres, le facteur peut livrer le repas ou rendre visite à une personne âgée dont les proches ne vivent plus à proximité. Sur le terrain, Stan connecte les Sétois possiblement concernés et les commerciaux de La Poste : « Au fil des discussions, je comprends les besoins des clients et je peux les orienter. »
Après la marina puis l'Ehpad Aquarelia, le facteur se dirige vers les résidences proches de l'avenue Gilbert-Martelli. Il a quatre recommandés à remettre en mains propres. « On n'aime pas trop les colis trop gros ou les courriers à faire signer. Ce qu'on préfère, c'est tout ce qui rentre dans la boîte aux lettres ! » Il sonne chez l'un, sans réponse. Le second, toujours pas de réponse. Le troisième ? Rien non plus. Le quatrième ? Il ne viendra pas. « Pas de chance, je vais mettre un avis de passage », conclut-il. Pas de chance, et pas de café non plus.



