Ancien sans-abri à Montpellier, Florian, 25 ans, a passé sept ans dans la rue avant de réussir sa réinsertion. Aujourd'hui, il se mobilise pour ses anciens compagnons d'infortune, notamment face aux vagues de chaleur estivales. Sa proposition : ouvrir les parcs et jardins publics la nuit pour offrir un refuge aux personnes sans-abri.
Un été aussi meurtrier que l'hiver
Florian se souvient de sa première saison estivale dans la rue à Montpellier : « Trois malaises liés à la chaleur et un séjour aux urgences », confie-t-il. Pour lui, l'été est au moins aussi dangereux que l'hiver. « Pour se protéger du froid, vous avez la trêve hivernale. Mais pendant les vagues de chaleur, il n'y a rien. Tu dois juste subir dans un environnement urbain qui ne te fait pas de cadeaux. »
Le jeune homme, originaire de Haute-Savoie, a été en rupture familiale dès 18 ans. Il a pu se former comme horticulteur et est en passe d'obtenir un logement définitif grâce aux dispositifs d'hébergement d'urgence et de réinsertion sociale. Mais il n'a rien oublié de la violence de l'été montpelliérain.
La nuit, le pire moment
« Le plus dur, c'est la nuit. Avec le béton, la température ne redescend pas avant minuit ou une heure du matin. Quand tu arrives enfin à dormir, tu n'as que quelques heures avant le passage des agents d'entretien. Nuit sans sommeil après nuit sans sommeil, tu t'abîmes », raconte Florian.
Selon lui, les pouvoirs publics ne prennent pas assez en compte les risques liés à la chaleur pour les sans-abri. « Sur dix SDF qui tentent l'ascension vers la réinsertion, il y en a peut-être un ou deux qui pourront aller au bout », estime-t-il.
Une proposition simple et peu coûteuse
Pour répondre à l'urgence, Florian propose d'ouvrir tous les parcs et jardins publics la nuit pendant les périodes de canicule. « Cela permettrait aux gens de souffler un peu, juste quelques heures », explique-t-il. Une mesure qui, selon lui, ne nécessite pas de gros investissements et pourrait sauver des vies.
Ce mardi, il s'est mobilisé aux côtés d'associations de lutte contre le sans-abrisme pour témoigner et interpeller les autorités. Alors que Montpellier connaît des températures dépassant les 35°C, la question de la protection des plus précaires se pose avec acuité.



