Technopol propose des terrains dédiés pour résoudre le problème des free parties
Le président de Technopol, Tommy Vaudecrane, présent dans l'Hérault pour le festival électro Family Piknik, a dénoncé avec force le contexte répressif actuel contre les free parties. L'association, en lien avec le ministère de la Culture, se bat depuis trente ans pour défendre les droits des événements liés aux musiques électroniques.
Une répression disproportionnée selon Technopol
Tommy Vaudecrane rappelle l'État à ses engagements passés en matière de médiation, des promesses non tenues selon lui. "Le message aux parlementaires c'est : rendez-vous compte de la relation que l'on crée entre la jeunesse et l'État, à travers une répression disproportionnée par rapport à ce que l'on traite : une fête", affirme-t-il avec conviction.
Technopol conteste judiciairement les interdictions d'événements de musiques électroniques depuis 1996. Face à la perspective d'un projet de loi porté par le groupe Horizons d'Édouard Philippe pour un durcissement législatif, l'association prépare une action de lobbying avec des avocats. "Comment peut-on s'acharner contre une pratique festive plutôt que de trouver des solutions ?", s'interroge Vaudecrane.
Les free parties, une spécificité française en expansion
Le président de Technopol souligne que les free parties sont une spécificité française qui connaît une croissance importante. "Les fêtes gratuites, ouvertes à toutes et tous, inclusives, sont une spécificité française. L'ampleur prise est incroyable, encore aujourd'hui, elles augmentent beaucoup", constate-t-il.
Plusieurs facteurs expliquent cette popularité :
- Le désir d'autonomie des participants
- L'inadéquation des cadres festifs traditionnels
- La crise économique qui réduit le pouvoir d'achat
Vaudecrane insiste sur le fait que les incidents sont rarissimes, contredisant ainsi le discours alarmiste de certains médias.
Distinction cruciale : free parties versus rave parties
Il existe une différence fondamentale entre ces deux concepts :
- Les free parties : zones d'autonomie temporaire défendant des valeurs, sans discrimination économique
- Les rave parties : soirées techno payantes déclarées, nourrissant le capitalisme via les taxes
Le collectif Tekno Antirep précise que cette distinction est majeure, les free parties représentant une véritable philosophie de liberté et d'inclusion.
Des solutions concrètes proposées par Technopol
Face à l'illégalité persistante des free parties, Technopol avance des propositions pragmatiques :
"De la médiation, en désignant des terrains dédiés et en donnant des garanties comme de tout nettoyer", explique Tommy Vaudecrane. L'association travaille actuellement à l'inscription des musiques électroniques françaises et des pratiques associées au patrimoine culturel immatériel national.
Le président de Technopol déplore que l'État n'ait pas tenu ses engagements pris il y a vingt ans, notamment concernant la désignation de médiateurs free party dans les préfectures et l'identification de lieux appropriés. "On sent un besoin de fermeté générale des ministres de l'Intérieur et de la Justice, mais ils se trompent de personnes", affirme-t-il.
Un phénomène ancré depuis plus de trente ans
La problématique des free parties et teknivals n'est pas nouvelle en France. Le mouvement est arrivé d'Angleterre en 1993, après la répression des sounds-systems par Margaret Thatcher. Le premier teknival en région s'est tenu en juillet 1994 au chaos de Montpellier-le-Vieux dans l'Aveyron, mobilisant déjà les forces de l'ordre.
La région Occitanie, avec son climat favorable et ses espaces naturels, est devenue une terre de prédilection pour les teufeurs. Plusieurs méga rassemblements ont marqué l'histoire :
- Port-la-Nouvelle dans l'Aude en 1998
- Millau dans l'Aveyron en 2003 (40 000 personnes)
- Florac en Lozère en 2001
- Deaux dans le Gard en 2000 (20 000 personnes)
Ces événements soulèvent cependant des questions légitimes concernant les risques d'incendie et l'impact sur la biodiversité, renforçant la nécessité d'un cadre régulé proposé par Technopol.



