Je suis une professeure passionnée, mais mon métier est aussi un « simple » boulot. Dans ma chronique, je raconte comment j'ai appris à désenchanter ma profession pour mieux vivre les relations parfois tendues avec mes élèves.
Le temps des débuts difficiles
Quand j’étais professeure débutante dans un collège alors qualifié de ZEP, j’étais anéantie à chaque fois qu’un élève me répondait sur un ton agressif ou peu approprié. À l’époque, c’était assez rare. J’avais le sentiment, en encaissant des propos peu amènes, que je n’avais pas été à la hauteur de ma fonction, que l’Institution et la République avaient été malmenées en raison de mes fragilités, que mon autorité était vacillante. J’éprouvais un mélange de colère et de honte, de culpabilité et d’indignation.
L'évolution avec l'expérience
Avec le temps et l’expérience, capable désormais de m’adresser à mes classes avec davantage d’équanimité, j’ai commencé à appréhender différemment ce type de situation critique. Je n’y voyais plus une attaque contre la République et ne me sentais plus comme un hussard cabossé. J’avais une meilleure compréhension des enjeux et de ma place. Désormais, je considère que mon métier est aussi un « taf », un travail comme un autre, ce qui me permet de prendre du recul et de réagir avec plus de sérénité.
Ce désenchantement n'est pas un renoncement, mais une manière de préserver ma santé mentale et de rester efficace. En acceptant que je ne peux pas sauver chaque élève ni incarner parfaitement l'autorité républicaine, je suis plus libre et plus présente pour ceux qui ont besoin de moi.



