Bergerac innove avec des ouvreurs neuroatypiques pour ses concerts
Depuis son inauguration à la fin de l'année 2025, l'Espace Étincelle, le nouveau centre événementiel de Bergerac en Dordogne, a mis en place une initiative remarquable d'inclusion sociale. Chaque soir de concert, ce sont des personnes issues de la neurodiversité qui assurent l'accueil et l'installation du public, vêtues de T-shirts orange arborant fièrement le logo de la salle.
Un rôle clé pour fluidifier les arrivées
Équipés de lampes de poche, ces ouvreurs et ouvreuses guident les spectateurs dans les travées sombres de la salle, vérifient les réservations et aident à trouver les sièges rapidement. Leur mission est essentielle pour éviter les embouteillages et garantir une entrée fluide. Florent Coumau, leur encadrant, explique : « Certains sont atteints de troubles du neurodéveloppement, ont des déficiences intellectuelles ou des troubles du spectre de l’autisme. D’autres présentent des vulnérabilités psychiques, comme des troubles du comportement, de la schizophrénie ou de la bipolarité. Ces conditions rendent difficile leur intégration dans une entreprise ordinaire. »
Une adaptation réussie grâce à des aménagements simples
En semaine, ces travailleurs exercent dans les Établissements et services d’accompagnement par le travail (Esat) des Papillons blancs de Bergerac, où ils réalisent des tâches variées telles que la soudure de PVC, la sérigraphie, la fabrication de palettes, la couture ou des services de ménage et de restauration. Pour les concerts, une douzaine d'entre eux opèrent sous la supervision de deux encadrants. Cédric, l'un des ouvreurs, confie : « Au début, ce n’était pas facile de s’y retrouver. Il a fallu s’adapter. »
Pour faciliter leur travail, des aménagements ont été mis en place, comme des marques sur les marches indiquant quel escalier emprunter selon le numéro de siège. Florent Coumau souligne : « C’est ce qu’on appelle de la compensation. En réalité, ces ajustements profitent à tout le monde, rendant l'expérience plus accessible pour tous les spectateurs. »
Une société plus inclusive, un public conquis
À l'entrée de la salle, un panneau informe sobrement le public que « l’accueil est assuré par des personnes issues de la neurodiversité » et que l'Espace Étincelle « participe ainsi à rendre la société plus inclusive ». Les réactions sont très positives. Une spectatrice témoigne : « Ils sont très gentils et très agréables. Je connais très bien une ouvreuse, Christelle, mais les autres, je ne les connais pas et ils ont été super. »
Malgré quelques imprévus, comme des spectateurs sans numéro de siège ou des râleurs occasionnels, l'équipe gère avec professionnalisme. Cédric ajoute : « Quand il y a vraiment un problème, on renvoie vers les salariés à l’accueil. La plupart du temps, ça se passe bien. Parfois, on reçoit même des pourboires, que nous mettons en commun et partageons équitablement. »
Un bénéfice mutuel : travailler et profiter des spectacles
Au-delà de l'aspect professionnel, cette expérience offre aux ouvreurs la chance d'assister aux concerts. Allisson raconte avec enthousiasme : « Pour les Goldmen, on était tout devant. On a aussi vu Didier Barbelivien, Depeche Mode Tribute et Bollywood Masala. » Océane, une autre ouvreuse, résume l'état d'esprit de l'équipe : « On est partant pour tous les spectacles ! »
Cette initiative de l'Espace Étincelle démontre comment l'inclusion des personnes neuroatypiques peut enrichir la vie culturelle locale tout en offrant des opportunités d'emploi valorisantes. Un modèle inspirant pour d'autres structures événementielles en France.



