Arveyres : la mobilisation des riverains sauve les digues de la Dordogne
Mobilisation des riverains pour sauver les digues de la Dordogne

Une mobilisation citoyenne face aux eaux de la Dordogne

Dans le Libournais, les riverains des palus d'Arveyres ont fait preuve d'une solidarité remarquable pour faire face aux récentes inondations. Alors que la Dordogne débordait, mettant à l'épreuve les digues centenaires, les habitants se sont organisés pour désenvaser en urgence les ouvrages de déversement, essentiels au bon écoulement des eaux.

L'action collective au cœur de la crise

Julien Thomas, dont la maison jouxte la digue au Barrail de Jacques, témoigne : « Nous n'avons pas été surpris par les inondations. Nos habitations, situées sur les points hauts, n'ont pas été menacées. Mais cela a été un moment intense. De très belles solidarités ont vu le jour. Nous étions là les uns pour les autres. »

Cette entraide s'est concrétisée par des actions quotidiennes : ouverture de voies d'accès pour les services de santé, aide aux courses pour les personnes bloquées par les eaux, et surtout, un travail collectif pour dégager les vannes et ouvrages de décharge. « Nous avons été aidés par les équipes de la commune. Le premier adjoint Samuel Walton a été en première ligne », précise Julien Thomas.

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Le rôle crucial des palus et les défis d'entretien

Les palus, ces marais caractéristiques de la région, jouent un rôle essentiel dans la gestion des crues. « La digue nous protège des crues ordinaires, mais la tempête Pedro a changé la donne. Il n'y avait eu de surverse depuis la tempête de 1999 », explique un riverain. Le principe même des palus est d'accueillir l'excédent d'eau lors des pics de crue, puis de le restituer progressivement à la rivière via des ouvrages de décharge.

Cependant, l'entretien de ces infrastructures a montré ses limites. « L'entretien des pelles a été négligé dans ce segment. Il est dommage que cela n'ait pas été anticipé », regrette un habitant. Olivier Cazenave, président de l'Association syndicale agréée (ASA) des palus d'Arveyres et Génissac, reconnaît : « Il y a effectivement eu un défaut d'entretien de l'ouvrage de Réau. Mais beaucoup de pelles sont privées et ne relèvent pas de l'ASA. »

Préparer l'avenir face aux risques climatiques

Malgré les difficultés, les digues d'Arveyres ont tenu, contrairement à celles de Moulon ou Izon qui ont cédé. Reste maintenant à envisager l'avenir. Les digues, érodées par la surverse, nécessitent des travaux de consolidation, surtout à l'approche des grandes marées de mars.

Les riverains anticipent déjà les prochaines étapes : « Nous allons faire le tour des digues en milieu de semaine, une fois qu'il fera plus sec. Nous pourrons rapidement diligenter des travaux de rehaussement sur les points bas », annonce Julien Thomas. Cette expérience a renforcé la cohésion communautaire et mis en lumière l'importance d'une gestion collective des risques naturels.

La mobilisation des habitants d'Arveyres démontre que face aux défis climatiques, la solidarité et l'action locale peuvent faire la différence. Un exemple à suivre pour d'autres territoires confrontés à des enjeux similaires.

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