Le conseil municipal de Menton a adopté le 30 juin 2026 de nouvelles règles encadrant le prêt de matériel communal et l'occupation du domaine public par les associations. La maire Alexandra Masson a présenté un dispositif distinguant trois régimes : gratuité pour les actions d'intérêt public local, quote-part pour les manifestations mêlant intérêt public et activité économique (hors kermesses, lotos, vide-greniers et œuvres de charité), et redevance pour les activités à caractère industriel et commercial.
Un cadre juridique clarifié
« Pour tout ce qui est associatif, sans activité commerciale, la gratuité et la mise à disposition sont toujours d'actualité. Il faudra juste payer la livraison du matériel sur site par le personnel municipal, résume Alexandra Masson. Pour le même type de manifestation mais avec des bénéfices à la clé, c'est payant – mais plafonné. Et quand il y a un intérêt caritatif, le principe de gratuité reste le même que dans le premier cas de figure. »
Cette clarification intervient après des inquiétudes des associations et des oppositions. Louis Sarkozy (Renouveau pour Menton) a soutenu la démarche mais interrogé sur la détermination de l'intérêt public local : « Qui détermine l'intérêt public local ? On peut imaginer qu'une association ayant soutenu la majorité pendant la campagne se la voie attribuer, à l'inverse d'une autre qui n'aurait pas soutenu. »
Des critères objectifs promis
Alexandra Masson a répondu : « Beaucoup d'associations vous ont aidée, vous, l'opposition, et je m'en fous. Ce qui compte maintenant, c'est que tout le monde soit sur un régime équitable. Ceux qui ont l'esprit tordu de penser que je vais favoriser Y, Y, Z, gardez-le pour vous. Des critères objectifs, juridiques, seront appliqués. Ce sont mes services qui vont vérifier, et je leur fais confiance. »
Julie Loncle (Menton en action) a jugé normal que les associations disposent d'un cadre clair, mais s'est interrogée sur la tarification au mètre carré : « Ne peut-on pas plutôt retenir un pourcentage des recettes ou des bénéfices réalisés ? Et ne craignez-vous pas que les surcoûts de livraison provoquent un frein pour les associations avec des moyens limités ? »
Un couac à la Maison russe
Cédric Monteiro (Nouvel élan pour Menton) a évoqué un incident à la Maison russe, où des barnums pour une journée familiale ont été livrés avec une facturation, alors que la structure n'avait pas la même grille tarifaire que d'autres maisons de retraite. « C'est la Ville de Roquebrune qui a mis gratuitement à disposition les tables, chaises et barnums », a-t-il déploré, jugeant la situation scandaleuse.
Alexandra Masson a reconnu des « bugs » : « L'ancien régime était défavorable aux associations – même s'il n'était pas appliqué, et qu'on était dans la totale illégalité. J'ai voulu remettre de l'ordre dans les choses, donc forcément il y a eu des bugs. Et la Maison russe en a fait partie. » Elle a assuré que la maison de retraite avait été informée par téléphone qu'elle n'aurait rien à payer.
Des tarifs à venir
La maire a indiqué que les tarifs, encore en cours d'élaboration, seront consultables sur le site de la ville. « Avant, cela arrivait au cabinet, on prenait et on mettait dans les poubelles tous les documents. C'était tout le temps dans l'illégalité. On a juste voulu remettre ça au propre », a-t-elle conclu.



