Des milliers de manifestants défendent les free parties à Paris et Bordeaux
Free parties : des milliers de manifestants à Paris et Bordeaux

Des milliers de manifestants se sont rassemblés ce samedi à Paris et à Bordeaux pour défendre les free parties, ces rassemblements festifs et illégaux souvent organisés dans des lieux abandonnés ou en pleine nature. Ils protestent contre une proposition de loi déposée par des députés de la majorité présidentielle, qui vise à interdire ces événements et à durcir les sanctions contre leurs organisateurs.

Une mobilisation massive

À Paris, le cortège est parti de la place de la République pour rejoindre la place de la Bastille, rassemblant selon les organisateurs près de 10 000 personnes. À Bordeaux, environ 3 000 personnes ont défilé dans le centre-ville. Les manifestants, venus de toute la France, arboraient des banderoles aux slogans comme « Free parties libres, répression stop » ou « La fête est un droit ». Beaucoup portaient des tenues colorées et faisaient résonner des musiques électroniques à l'aide d'enceintes portatives.

Une proposition de loi controversée

La proposition de loi, portée par le député LREM Jean-Michel Fauvergue, prévoit d'interdire les free parties sur l'ensemble du territoire, d'alourdir les amendes jusqu'à 30 000 euros et de prononcer des peines de prison pouvant aller jusqu'à deux ans pour les organisateurs. Les défenseurs des free parties dénoncent une atteinte aux libertés publiques et à la culture des musiques électroniques. « C'est une criminalisation de la fête, une attaque contre notre mode de vie », a déclaré un porte-parole du collectif Free Party Defense.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un phénomène ancré dans la culture française

Les free parties, héritières des raves des années 1990, sont des événements autogérés, sans but lucratif, qui rassemblent des amateurs de musique électronique. Elles se déroulent souvent dans des lieux insolites, comme des entrepôts désaffectés, des forêts ou des carrières. Si elles sont illégales car organisées sans autorisation, leurs participants revendiquent un esprit de liberté et de partage. « Ces rassemblements sont l'expression d'une culture vivante, ils ne doivent pas être réduits à des nuisances », estime un sociologue spécialiste des cultures festives.

Des réactions politiques

Plusieurs élus d'opposition ont exprimé leur soutien aux manifestants. La députée de La France insoumise Mathilde Panot a dénoncé « une mesure liberticide » tandis que le sénateur écologiste Yannick Jadot a appelé à « un cadre légal pour les free parties, plutôt qu'une interdiction ». De son côté, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a justifié la proposition en évoquant « les nuisances sonores et les risques pour la sécurité ».

Une mobilisation qui pourrait s'étendre

Les organisateurs des manifestations annoncent déjà d'autres actions dans les semaines à venir, notamment à Lyon, Marseille et Lille. Un appel national à la mobilisation est lancé pour le 27 juin. Parallèlement, une pétition en ligne contre la proposition de loi a recueilli plus de 50 000 signatures. Le texte doit être examiné à l'Assemblée nationale en juillet, et le débat promet d'être vif.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale