Grandir à Auxerre à l'époque de Guy Roux : un rapport ambivalent au foot
Auxerre sous Guy Roux : grandir avec un foot ambivalent

Grandir à Auxerre à la grande époque de Guy Roux : « Chacune devait tracer son chemin dans cette ville où la testostérone régnait en maître »

Le football à Auxerre, impossible d’y échapper

AJA… Trois lettres qui ont longtemps résonné comme un air bon enfant. Quand on grandit dans une ville moyenne de la diagonale du vide et que son club de football vit ses années de gloire, on ne se pose pas vraiment de questions : on adhère.

J’ai été cette enfant qui applaudissait les exploits de Basile Boli, Eric Cantona ou Laurent Blanc avec la ferveur que l’on réserve d’ordinaire aux saints. Je collectionnais les autographes, les vignettes Panini et les certitudes.

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C’est à l’adolescence que mon rapport au foot s’est soudainement compliqué. Auxerre est un concentré des tourments français : des notables qui mènent grand train dans leur maison bourgeoise, une pauvreté parquée dans des tours (cinq cités pour 35 000 habitants, ce qui constitue presque une performance).

Dans cette ville où la testostérone régnait en maître, chacune devait tracer son chemin. Le football, omniprésent, devenait un terrain d’affrontement social et personnel. Mon ambivalence est née de cette contradiction : aimer le jeu, détester ce qu’il représentait parfois.

Aujourd’hui, je garde un goût amer de cette époque, mais aussi la conscience que ce sport a façonné mon regard sur le monde.

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