Ateliers d'écriture à Agen : oser les mots pour se reconstruire
Ateliers d'écriture à Agen : oser les mots

Des ateliers d'écriture animés par l'autrice agenaise Hafida Demathieux-Kouach réunissent des habitants autour des mots. Deux mercredis par mois, des participants de tous âges y viennent pour retrouver une forme d'expression et de confiance.

Un espace pour tous

À Agen, les ateliers d'écriture animés par Hafida Demathieux-Kouach offrent un espace où chacun peut tenter de trouver ses mots, même sans expérience préalable. Deux fois par mois, une dizaine de participants, à partir de 12 ans, s'y retrouvent pour une heure et demie d'écriture guidée.

Une idée née du collectif et du slam

Le dispositif, soutenu par la médiathèque municipale Lacépède, s'est construit après la publication de « Guerdouni, Levez-moi ! », paru en 2025. Cet ouvrage intime, consacré à la mémoire familiale et à la résilience, a d'abord donné lieu à des lectures publiques. Dans la continuité, des soirées de slam, forme de poésie orale déclamée à voix haute, ont été organisées autour de certains chapitres de l'ouvrage. Les participants s'en sont emparés, les ont repris, prolongés ou réinterprétés, transformant les textes en matière collective au Nouveau Théâtre du Jour.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

« J'ai vu les gens s'emparer de mon livre pour écrire », raconte l'autrice. « C'est de là qu'avec la médiathèque on a eu l'idée des ateliers. J'ai voulu transmettre ce qu'on m'a offert : se construire dans l'échange. » Pour animer, elle s'appuie sur son parcours professionnel : chargée de promotion et d'éducation à la santé au sein d'Ardie 47, elle intervient depuis plusieurs années dans des structures sociales et médico-sociales autour de la parole et de l'expression de soi.

Partir du « je »

Chaque atelier suit un même fil conducteur. Hafida Demathieux-Kouach commence par raconter son parcours. Puis vient un premier tour de parole. Chacun doit choisir comment compléter la phrase « moi je… ». « On part toujours de ce « je » », explique-t-elle. « Mais ce qui m'intéresse, c'est le moment où l'intime devient universel. » Le temps fort arrive souvent à la fin : la lecture à voix haute. Chacun peut lire son texte devant le groupe. Une étape redoutée au départ, mais qui finit souvent par devenir le moment le plus important de l'atelier. « Ce n'est pas un cours de français », insiste-t-elle. « Le but, c'est d'oser et de se faire confiance. »

« Tout le monde peut oser »

Les ateliers, qui réunissent en moyenne une dizaine de participants, sont pensés pour être accessibles à tous sur réservation. Ils sont gratuits pour les abonnés et à 6,50 € pour les autres. La médiathèque cherche désormais à toucher davantage d'adolescents, notamment grâce à un tarif réduit fixé à 4 €. Dans ces groupes, les différences d'âge deviennent une force. « Une participante, qui jugeait ses textes trop sombres, s'est associée à une adolescente pour écrire un texte en correspondance, où les deux voix se répondent et se prolongent. Elle a beaucoup évolué », se réjouit l'autrice. Hafida Demathieux-Kouach se définit davantage comme une « guide » de l'écriture que comme une professeure. « J'anime, je guide et je vibre avec les gens. Et ça matche ! »

Un livret en projet

Un livret regroupant certaines productions des participants volontaires devrait voir le jour au mois de septembre. L'idée : permettre aux auteurs d'aller « jusqu'au bout » de leur démarche avec une lecture publique finale.

Pratique

Les prochaines dates : Maison Montesquieu : 6 et 20 mai, de 14 h 30 à 16 h ; Rotonde du théâtre Ducourneau : 3 et 17 juin, de 17 h 30 à 19 h. Ateliers ouverts à tous à partir de 12 ans. Réservation obligatoire au 05 53 66 12 93. Gratuit pour les abonnés, 4 € pour les enfants non abonnés et 6,50 € pour les adultes.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale