Arvieu, village de 800 habitants dans le Nord-Aveyron, attire citadins et trentenaires grâce à un écosystème dynamique qui mêle emploi, culture et vie sociale. Vincent Lefoulon, ingénieur trentenaire arrivé en 2020, témoigne : « Je ne voulais pas me paumer quelque part. Ici, le cadre de vie est incroyable, les planètes se sont alignées. » Développeur chez laëtis, il a trouvé un travail, rencontré sa compagne et acheté une maison de village pour 250 000 euros (plus de 200 m², restauration comprise).
Un écosystème né d'une coopérative
L'initiative remonte à 1998, quand trois ingénieurs créent la Scop laëtis, spécialisée dans la gestion de sites web touristiques et l'édition de logiciels. Aujourd'hui dirigée par Christophe Raffy, elle compte 18 salariés, dont 8 associés. « Pour développer une entreprise en milieu rural, il faut qu'il soit dynamique », explique Raffy. Laëtis impulse la création du Jardin d'Arvieu, un tiers-lieu installé dans un ancien couvent rénové, qui abrite des espaces de coworking, le pôle culturel et numérique Le Cantou (médiathèque, France Service, etc.), une salle des fêtes et un château pour séminaires.
Des nouveaux arrivants séduits
Christine Fages, graphiste, est arrivée en 2019 après une prise de conscience écologique. « Il me fallait un village avec des commerces et une vie associative », dit-elle. Elle a construit une maison sur 2 200 m² de terrain acheté à 16 € le m². « Je ne voulais pas juste être graphiste et rentrer chez moi le soir. J’avais envie de vivre et de travailler autrement, et c’est possible ! »
Jean-Charles Vayssettes, adjoint au maire, confirme que la population « repart à la hausse après des années de baisse ». Cette année, 8 naissances sont annoncées, un record. « Des nouveaux arrivants viennent de la côte méditerranéenne, de l’Hérault, du Gard, et même de la Côte d'Azur », ajoute-t-il, attirés par « la fraîcheur, la tranquillité et une vie de village ».
Emploi et services
La commune compte 65 fermes, une école de 40 élèves, sept restaurants, une dizaine de campings, et des infirmières libérales (mais pas de médecin). « On a des réseaux d’entreprises robustes », assure Jean Cazal, 27 ans, chargé de développement économique à la communauté de communes du Lévézou. « Beaucoup d’employeurs ont du mal à recruter à cause de problèmes de logement. » L'Adie accompagne des projets comme celui de Romane, qui veut créer un jeu de société sur le lac de Pareloup, ou Aurélie, qui travaille la laine de brebis Lacaune.
Projets innovants
Sophie Terris et Christine Dangles développent un projet sur le « bien vieillir » pour les personnes en perte d'autonomie, lauréat d'un prix de l'ANCT. « D'ici 2030, un tiers de la population aura plus de 75 ans », prévient Dangles. L'agronome Marc Dufumier a donné une conférence à Arvieu devant 80 personnes, et la projection du film « La guerre des prix » a attiré plus de monde qu'à Rodez. « Cette ruralité était en danger, elle le reste », conclut Sophie Terris, mais Arvieu prouve qu'« il n’y a pas de fatalité ».



