Imaginée en 2024 à l'initiative du chef de corps, le colonel Martial Pied, l'Amicale des Carabiniers du Prince réunit désormais 47 anciens du prestigieux corps monégasque. Jean-François Konieczny, qui a passé trente ans dans les rangs, a pris les rênes de cette nouvelle structure.
Une association pour fédérer les anciens
La samedi 17 janvier, à l'occasion de la première galette des rois organisée par le conseil d'administration de l'Amicale, l'association a reçu le prince Albert II au mess de la caserne. Il est entouré par Jean-François Konieczny et sa femme, et le Chef de Corps, le Colonel Martial Pied.
Ils gardent le Palais, protègent le Souverain, participent au service de secours et de soins d'urgence. Mais passée la relève de la garde quotidienne à 11 h 55, les Carabiniers du Prince disparaissent dans l'ombre. C'est précisément ce que l'Amicale des Carabiniers du Prince, fondée officiellement l'année dernière, entend changer. Jean-François Konieczny, 70 ans, maréchal des logis à la retraite depuis 2006 après vingt-neuf ans de service, en a accepté la présidence avec une mission claire : retrouver les anciens, les fédérer, et faire exister ce corps au-delà de ses murs.
Une initiative portée par le colonel Martial Pied
L'idée de créer une telle structure n'est pas venue de cet originaire des Courrières, dans le Pas-de-Calais, qui habite désormais à quelques mètres de la Caserne des Carabiniers. C'est le colonel Martial Pied, chef de corps de la Compagnie des Carabiniers du Prince, qui a porté le projet. Le 11 juin dernier, lors d'une assemblée générale tenue au foyer-bar de la caserne des Moneghetti, il a présenté la nouvelle « Association des Carabiniers du Prince », dont l'Amicale constitue l'une des sections, aux côtés du football, des motards ou de la musique.
C'est lors de la cérémonie de remise des insignes aux jeunes carabiniers, le 15 mai, en présence de la princesse Stéphanie, marraine du Corps, que le colonel Pied a formellement nommé Jean-François Konieczny à la présidence de l'Amicale. « J'ai accepté avec fierté et humilité », résume ce dernier, dont l'épouse Claudine, secrétaire générale de l'Amicale, s'implique à ses côtés depuis le premier jour.
Un travail minutieux pour retrouver les anciens
Avant de rassembler les anciens carabiniers, il a d'abord fallu les retrouver. Jean-François Konieczny s'est plongé dans un listing incomplet transmis en début de mission : numéros de téléphone erronés, adresses mail obsolètes, noms manquants. « Il a fallu tout remettre à jour », raconte-t-il. Sur 87 adresses électroniques finalement identifiées, 47 ont répondu favorablement. La cotisation est fixée à 30 euros par an, un montant volontairement modeste. « L'objectif est surtout de garder un lien social », explique le président. L'Amicale s'adresse aux anciens carabiniers, bien sûr, mais aussi à leur famille, à leurs enfants, et aux personnels civils qui ont travaillé aux côtés du Corps. Ses membres sont dispersés à travers toute la France et au-delà : une petite dizaine seulement réside encore à Monaco ou à Menton ; tandis que d'autres ont rejoint leur région d'origine, l'Espagne, le Vietnam ou la République dominicaine.
Un premier accord avec les Carabinieri italiens
L'Amicale a récemment franchi une nouvelle étape. Le 17 avril dernier, Jean-François Konieczny s'est rendu à Vintimille pour une rencontre officielle avec leurs homologues transalpins. Accueilli par le capitaine Antonio Peluso, commandant de la compagnie locale des Carabinieri, et par le président de l'Amicale italienne Ernesto Fresca Fantoni, il a visité la caserne et échangé des présents protocolaires, dont des blasons et des foulards commémorant le centenaire de la naissance du prince Rainier III. L'événement a permis de sceller les grandes lignes d'une coopération future entre les deux structures.
Jean-François Konieczny note cependant une différence de modèle entre les deux pays. En Italie, les anciens Carabinieri s'impliquent fortement dans la vie locale, notamment sur des missions de sécurité routière ou d'aide aux personnes. À Monaco, la dispersion géographique des anciens membres rend ce type d'engagement difficile. « Nous, ce sera davantage sur la culture et les échanges », reconnaît-il.
Des projets ouverts sur l'Europe
L'Amicale a d'ores et déjà tracé ses prochains axes de développement. Une rencontre avec les Carabinieri italiens est envisagée courant septembre, avant un déplacement à Turin pour rencontrer la direction nationale du corps et visiter le musée des Carabinieri. Jean-François Konieczny souhaite également nouer des liens avec les Amicales de la gendarmerie nationale dans les Alpes-Maritimes.
Le Corps des Carabiniers du Prince, fort de 125 membres, demeure méconnu du grand public. Mais derrière cette image se trouvent des plongeurs, des tireurs d'élite, des motocyclistes et des secouristes, formés à des missions aussi variées que discrètes. L'Amicale entend aussi contribuer à faire connaître cette réalité, notamment auprès des jeunes générations. « C'est une famille avec des personnes aimant profondément leur métier », résume Jean-François Konieczny. Une famille qui vient de se doter d'une adresse officielle.



