Charles III aux États-Unis : piques contre Trump et appel à l'unité
Charles III aux États-Unis : piques contre Trump et appel à l'unité

Le roi Charles III a effectué une visite d'État aux États-Unis, marquée par des discours devant le Congrès et un dîner à la Maison Blanche. Il a appelé à la défense des valeurs communes entre Britanniques et Américains, tout en glissant des piques humoristiques envers le président Donald Trump.

Charles III tacle Trump lors du dîner

Lors du dîner de gala à la Maison Blanche, le roi Charles III a fait preuve d'humour britannique caustique. Il a évoqué les origines des toponymes américains, liés aux colons britanniques et français. Il a déclaré : « Vous avez récemment déclaré, Monsieur le président, que sans les États-Unis, les pays européens parleraient l'allemand. Oserai-je dire que sans nous vous parleriez français », provoquant les rires de l'assistance. Cette référence visait les propos de Donald Trump au sommet de Davos en janvier, où il avait affirmé que sans le soutien américain durant la Seconde Guerre mondiale, les Européens parleraient allemand et un peu japonais.

Le roi a également plaisanté sur les « réajustements » de la Maison Blanche concernant un projet coûteux de salle de bal défendu par Trump. « Je suis au regret de dire que nous, les Britanniques, avons bien sûr tenté notre propre projet de réaménagement immobilier de la Maison Blanche en 1814 », a-t-il lancé, faisant référence à l'incendie du bâtiment par des soldats britanniques cette année-là.

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Discours devant le Congrès : un appel à l'unité

Avant le dîner, Charles III a prononcé un discours devant le Congrès, une première pour un monarque britannique depuis 1991. Il a exhorté les deux pays à défendre leurs valeurs communes et à résister aux appels à se replier sur eux-mêmes. « Les défis auxquels nous sommes confrontés sont trop grands pour qu'une nation puisse les affronter seule », a-t-il déclaré, une critique à peine voilée de l'administration Trump. Les parlementaires démocrates ont particulièrement applaudi le passage sur l'équilibre des pouvoirs, vu comme une référence au président américain.

Soutien à l'Ukraine

Le souverain britannique a également appelé à une « détermination sans faille » pour la défense de l'Ukraine, alors que les Européens regrettent le désengagement de Washington sous Trump. Il a souligné l'importance de soutenir Kiev contre la Russie, tant sur le champ de bataille que dans les négociations diplomatiques.

Accueil fastueux par Donald Trump

Plus tôt dans la journée, Donald Trump avait accueilli Charles III et la reine Camilla avec des honneurs militaires, une fanfare, 21 coups de canon et un survol d'avions de combat. Trump a déclaré : « Depuis que nous avons obtenu notre indépendance, les Américains n'ont pas eu d'amis plus proches que les Britanniques », ajoutant que les deux pays entretiennent une « relation spéciale ». Il a jugé « ironique » de célébrer le roi d'Angleterre en cette année du 250e anniversaire de l'indépendance, mais a justifié l'accueil par les liens de « sang » entre les deux nations.

Une visite historique

Charles III est le deuxième monarque britannique à s'exprimer sur la colline du Capitole, après sa mère Elizabeth II en 1991. Cependant, l'ambassadeur britannique aux États-Unis, Christian Turner, a tempéré l'atmosphère en déclarant que la « relation spéciale » des États-Unis était avec Israël, non avec le Royaume-Uni, lors d'un échange avec des lycéens révélé par le Financial Times.

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