Un témoignage intime et courageux
La force d'une femme ne se mesure pas à son tour de poitrine. Laurence Malidor, quinquagénaire d'Eysines près de Bordeaux, le prouve avec son livre à compte d'auteur intitulé « A plat, lorsque le cancer devient couleurs et mot ». Cet ouvrage retrace son combat contre le cancer du sein et sa décision de refuser les prothèses pour une reconstruction « à plat ».
L'aplati fait également référence à la technique artistique popularisée par Matisse, que Laurence Malidor, artiste peintre, connaît bien. Aujourd'hui, elle dort sur le ventre : « Je dors, je respire et je me réapproprie ce corps qui revient à moi », écrit-elle avec poésie.
Un cancer détecté à temps
En juillet 2025, le diagnostic tombe : un cancer profond du sein, heureusement rapidement détecté par le radiologue. Opérée le 26 août, elle reçoit une prothèse de reconstruction, suivie de séances de radiothérapie. Mais son corps rejette ce corps étranger. Laurence Malidor confie : « C'est la norme mais au fond de moi, c'était du faux, et je n'aime pas le faux. »
Le chirurgien, à l'écoute, accepte d'explanter la prothèse. Pour réduire les risques de récidive, elle subit également l'ablation du second sein. « Beaucoup de femmes veulent être reconstruites, et je les comprends, mais je ne me reconnaîtrais pas moi-même. C'est mon parcours, mes cicatrices me vont très bien, elles sont la signature de mes douleurs », explique-t-elle.
Un féminisme assumé
Laurence Malidor revendique un féminisme qui ne passe pas par le décolleté social. « On n'a pas besoin d'avoir des seins pour être jolie », affirme-t-elle. Soutenue par son mari, elle ne craint plus le regard des autres. Ses amis, connaissant sa sensibilité et son caractère déterminé, n'ont pas été surpris par ses choix.
L'écriture comme thérapie
Artiste peintre, Laurence Malidor connaît les bienfaits de l'art-thérapie. Son texte, écrit à la première personne en deux mois, l'a libérée de semaines de fatigue physique et psychologique. « L'écriture m'a apporté cette distanciation qui permet d'analyser ses émotions. J'ai l'impression d'avoir accouché du cancer. Peindre, c'est voir ; écrire, comprendre », confie-t-elle.
Malgré les douleurs post-opératoires et les séances de rééducation, elle voit dans son cancer une occasion de se recentrer. Sa vie était une course folle, elle avait besoin de faire une pause dans son travail de responsable d'une droguerie bordelaise.
Partager son expérience
Laurence Malidor souhaite partager son expérience, pourquoi pas dans une émission de télévision. « J'ai été courageuse, non ? » sourit-elle. Son livre de 211 pages, disponible pour 2,13 euros sur les plateformes de vente, est un message d'espoir et d'acceptation de soi.



