Une mobilisation solidaire qui dure depuis plus d'une décennie
Pour la onzième année consécutive, les bénévoles de l'Association franco-musulmane de Fumel se sont mobilisés pour soutenir l'antenne locale des Restos du Cœur, qui fait face à une augmentation alarmante de la précarité. Mercredi 11 mars, sous la présidence d'Abdel Jarjini, l'association a officiellement remis plus de 100 kilogrammes de denrées alimentaires aux responsables de l'organisme caritatif.
Un don annuel qui va bien au-delà de la simple collecte
« Les Restos du Cœur occupent le local tout proche du nôtre et nous constatons que les files de demandeurs s'allongent d'année en année », explique Abdel Jarjini. « Nous voulons partager avec les enfants de l'association les valeurs que nous défendons : la solidarité et la générosité », poursuit-il avec conviction.
Cette action ne se limite pas à un simple don alimentaire. Chaque année, les Fumélois apportent un soutien financier substantiel pour améliorer les conditions d'accueil des personnes en difficulté et des bénévoles. « Cette année, nous avons financé le comptoir d'accueil des enfants pour 1 200 euros. Les années précédentes, il y avait eu l'achat de mobilier et une climatisation », rappelle le président de l'association.
Une situation de précarité qui atteint des records
Du côté des Restos du Cœur, on accueille ces aides avec une gratitude mêlée de préoccupation. « Pendant cette campagne d'hiver, nous avons inscrit 230 familles et nous en avons servi 120, un chiffre jamais atteint jusqu'alors », révèle le président local de l'association caritative.
Les denrées distribuées proviennent principalement de trois sources :
- 51% des dons des entreprises, agriculteurs et particuliers lors des collectes
- 20% apportés par l'Union européenne
- 30% financés par les Restos du Cœur grâce aux dons en numéraire, « souvent de petits donateurs »
Un appel urgent aux bénévoles et aux candidats politiques
En cette période préélectorale, le mouvement national des Restos du Cœur a lancé un appel pressant à tous les candidats pour qu'ils envisagent sérieusement de subventionner les antennes locales. La nécessité d'un soutien institutionnel se fait cruellement sentir face à l'ampleur des besoins.
Pour servir toutes les personnes accueillies et assurer l'ensemble du travail de collecte des denrées et de rangement, seulement 22 bénévoles travaillent tout au long de l'année. « Et c'est bien peu ! », s'exclame la secrétaire de l'antenne, soulignant le déficit chronique de volontaires.
Lors de la collecte du week-end dernier, une cinquantaine de personnes sont venues en renfort des bénévoles « permanents », et les responsables espèrent vivement que certains viendront rejoindre les rangs de manière régulière. La distribution a lieu chaque jeudi de 9h30 à 12 heures et de 14h30 à 17 heures, un rythme soutenu qui nécessite une équipe solide et motivée.
Une solidarité qui s'inscrit dans la durée
Cette onzième édition de la collecte annuelle témoigne d'un engagement durable de la part de l'Association franco-musulmane de Fumel. Au-delà du geste ponctuel, c'est toute une philosophie de partage et d'entraide qui se perpétue, face à une précarité qui ne cesse de s'aggraver dans la région.
Les responsables des deux associations insistent sur l'importance de maintenir cette dynamique de solidarité, alors que les besoins ne font que croître d'année en année. La collaboration entre ces structures locales représente un modèle de cohésion sociale face aux défis économiques contemporains.



