Le Scot du Pays basque dessine l'urbanisme jusqu'en 2050
Le Schéma de cohérence territoriale (Scot) du Pays basque et du Seignanx, approuvé en décembre 2025, constitue désormais le document cadre de référence pour tous les projets d'urbanisme dans la région pour les vingt-cinq prochaines années. Ce document stratégique de 300 pages, élaboré après sept années de travail intensif, s'impose à l'ensemble des 166 communes du bassin de vie concerné.
La ville du quart d'heure comme philosophie directrice
Marc Bérard, président du syndicat mixte du Scot et premier adjoint à la mairie de Bidart, résume l'esprit du document par le concept de « proximité heureuse ». « Si l'on veut schématiser, nous visons la ville du quart d'heure », explique-t-il. L'objectif est que chacun des 360 000 habitants puisse accéder à moins de quinze minutes de son domicile à l'ensemble des services essentiels : commerces, soins médicaux, loisirs, culture et emplois.
Un rééquilibrage démographique urgent entre littoral et intérieur
Les projections démographiques ont révélé une concentration préoccupante de la population. Selon les données de l'Insee, 87% des habitants résidaient ces dix dernières années sur seulement 20% du territoire, principalement sur la bande littorale jusqu'à Ustaritz. « La question que nous posons à tous les élus, c'est : 'Est-ce que c'est souhaitable et durable de continuer comme ça ?' », interroge Marc Bérard.
Le Scot propose donc une vision stratégique visant à rééquilibrer le peuplement entre le littoral, le rétro-littoral et le Pays basque intérieur. La Soule, par exemple, souhaite retrouver sa population des années 1980. Pour y parvenir, le document mise sur le développement de « centralités vivantes » dans l'intérieur des terres.
Un cadre réglementaire contraignant pour les PLUi
Marc Bérard insiste sur le caractère prescriptif du Scot : « Aucun Plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) ne pourra se construire sans faire référence au Scot ». Les documents d'urbanisme devront démontrer leur compatibilité avec les objectifs du schéma, sous peine d'être retoqués. Ce corpus de règles s'impose ainsi comme la bible réglementaire intégrant les normes européennes, nationales et régionales.
Logement social et densification maîtrisée
Face à l'arrivée prévue de 50 000 à 70 000 habitants supplémentaires d'ici 2050, le Scot établit des orientations précises :
- Logement social : un minimum de 60% dans les villes structurantes et 15% en milieu rural
- Densité : augmentation moyenne de deux logements par hectare sans artificialiser les sols
« On est capable de dire que sans toucher un mètre carré de terre agricole ou naturelle, on va pouvoir loger les nouveaux habitants », assure Marc Bérard, tout en rassurant : « On n'est pas en train de dire que cela va être la ZUP partout ».
Une ambition environnementale alignée sur la loi Climat
L'horizon 2050 du Scot correspond volontairement à l'objectif de zéro artificialisation nette (ZAN) fixé par la loi Climat et Résilience. Le document décline la résilience territoriale autour de quatre principes directeurs : sobriété, transition, solidarité et complémentarité entre bassins de vie.
Marc Bérard conclut avec conviction : « On est les arbitres de tout cela », citant des communes comme Ainhoa, Sare, La Bastide-Clairence ou Saint-Palais comme « des modèles pour les villes de demain ». Le Scot du Pays basque se présente ainsi comme un projet ambitieux visant à concilier développement urbain, équité territoriale et préservation environnementale pour le quart de siècle à venir.



