Élections municipales : quatre visions de la mobilité s'affrontent à Rochefort
Quatre visions de la mobilité s'affrontent à Rochefort

Les candidats aux municipales de Rochefort présentent leurs projets pour les mobilités

Dans le cadre de notre série « Le Choix des abonnés », le journal Sud Ouest a interrogé les quatre candidats déclarés aux élections municipales de Rochefort sur leurs propositions concernant les mobilités. Nous publions ici les réponses des têtes de liste et de leurs équipes, présentées dans l'ordre alphabétique.

Hervé Blanché (Les Républicains) : continuité et ajustements ciblés

Le maire sortant et président de la Communauté d'agglomération Rochefort Océan (Caro) défend son bilan et plaide pour une continuité de la politique actuelle. Il rappelle que la compétence transport relève de l'Agglomération et souligne l'importance du contrat de Délégation de service public signé avec Transdev en septembre 2024 pour sept ans. Ce contrat représente un effort financier annuel de 6,2 millions d'euros, abondé par 2 millions d'euros de fonds propres de la Caro.

« Nous restons un territoire entre logique urbaine et rurale où le tout transport public par l'augmentation de lignes de bus est illusoire », affirme Hervé Blanché. Il mise sur des ajustements ciblés plutôt que sur une refonte totale. Parmi ses propositions :

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  • Création d'une ligne express entre Tonnay-Charente et Rochefort pour offrir une alternative efficace à la voiture.
  • Poursuite du schéma cyclable 2025 avec la Maison des mobilités installée à la gare.
  • Développement du covoiturage via sept aires dédiées.
  • Maintien de l'offre de stationnement en centre-ville (Polygone, gare) avec étude de nouvelles possibilités pour faciliter l'accès aux commerces.

Anne-Catherine Godde (Lutte ouvrière) : gratuité et justice sociale

Pour la candidate de Lutte ouvrière, la mobilité est avant tout une question de justice sociale et de pouvoir d'achat. Elle prend le contre-pied « des logiques comptables » et porte une mesure radicale : « la gratuité des transports publics pour tous ». Elle estime que ce modèle, déjà appliqué dans d'autres villes moyennes, est finançable en réorientant les aides publiques et les cadeaux fiscaux actuellement versés aux entreprises.

Son programme se focalise spécifiquement sur les besoins des travailleurs à horaires décalés. Elle critique sévèrement l'offre ferroviaire actuelle, pointant les « trous » dans les horaires entre les heures de pointe du matin et du soir. Ces lacunes obligent de nombreux salariés travaillant à La Rochelle ou Rochefort à utiliser leur voiture faute de train pour rentrer.

Pour Anne-Catherine Godde, le vélo n'est pas une solution magique pour les ouvriers habitant loin ou travaillant de nuit. Elle réclame donc une augmentation massive de la fréquence des bus et des trains pour couvrir les besoins réels du monde du travail, considérant le transport collectif comme la seule réponse écologique et sociale viable face au coût de la voiture individuelle.

Romain Monroux (collectif citoyen) : co-construction et innovation

Pour le collectif citoyen, la mobilité doit sortir du modèle « tout-automobile » des années 1970-1980 via une méthode radicalement différente : la co-construction. Romain Monroux propose de lancer, dès la première année, une grande concertation pour élaborer un Plan de circulation apaisé.

Le collectif veut innover en matière de mobilité fluviale par l'étude d'un Batobus sur la Charente avec embarquement vélo, reliant Tonnay-Charente, la Corderie, Soubise et Saint-Nazaire. Pour le réseau de bus, il souhaite restaurer les lignes du dimanche, notamment vers Fouras qui ne fonctionne que l'été, et aller vers une tarification sociale progressive.

Sur le vélo, il ambitionne un « système vélo » complet incluant des liaisons directes inter-quartiers. Le collectif citoyen insiste sur la faisabilité en présentant un plan de financement détaillé sur sept ans d'un montant de 18,5 millions d'euros. Ce plan s'appuie sur un mix de budgets locaux (Ville/Caro) et de subventions (Union européenne, État, Région), affirmant que la transformation est possible sans alourdir la fiscalité locale grâce à une ingénierie financière rigoureuse.

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Fabrice Vergnier (divers gauche) : sécurité et alternatives

Fabrice Vergnier propose une approche axée sur la réduction de la place de la voiture par l'offre d'alternatives sécurisées. Il place la sécurité des enfants au cœur de son projet, souhaitant que Rochefort devienne une ville « marchable » où les trajets domicile-école peuvent se faire à pied ou à vélo via des Pédibus et des pistes réellement sécurisées.

Concernant le vélo, il pointe l'insuffisance des infrastructures actuelles et propose la création de garages à vélos sécurisés avec des abonnements adaptés aux revenus pour les résidents sans local privé. Sur le plan structurel, il apporte un soutien total au projet Altro de RER métropolitain visant à créer de nouvelles haltes ferroviaires à Rochefort Nord (Quatre Ânes) et Rochefort Sud (Pont Rouge) pour désengorger le centre et faciliter les liaisons avec La Rochelle et Saintes.

Il souhaite également revoir les fréquences de bus avec le concessionnaire et propose, pour le stationnement automobile, de porter la gratuité à trente minutes par jour pour soutenir le commerce tout en favorisant la rotation.