La maire de Toulon, Josée Massi, a adressé un courrier au Comité d’intérêt local (CIL) du Mourillon pour affirmer qu'« il n’existe à ce jour aucun projet de piste cyclable sur cette voie », en référence au boulevard Cuneo. Cette clarification fait suite à une consultation menée par le CIL auprès de ses adhérents, dont la majorité s’est prononcée contre l’aménagement d’une piste cyclable à double sens sur cet axe menant au littoral.
Une consultation qui révèle une opposition majoritaire
Au début de l’été, le CIL du Mourillon a interrogé ses adhérents sur l’opportunité d’installer une piste cyclable à double sens sur le boulevard Cuneo. « On a eu environ 500 votants, dont la majorité s’est exprimée contre », explique Daniel Garcin, président du CIL. Cette initiative fait suite à des informations rapportées par des agents municipaux, selon lesquelles la Ville préparait une voie bidirectionnelle réservée aux modes doux, destinée à relier l’avenue des Tirailleurs sénégalais au port Saint-Louis.
Le boulevard Cuneo est aujourd’hui le seul itinéraire non protégé permettant d’atteindre le littoral pour les cyclistes venant du centre-ville, à l’exception du Cap Brun et de ses forts dénivelés. Les familles qui s’y aventurent avec leurs enfants doivent composer avec un goudron en mauvais état, des stationnements en bordure de route et une circulation automobile dense, autant de dangers pour les jeunes cyclistes.
Le courrier de la maire et les inquiétudes des commerçants
Dans sa lettre datée du début août, Josée Massi, également présidente de la métropole Toulon Provence Méditerranée, précise qu’elle souhaite « lever toute ambiguïté à ce sujet, notamment en raison des inquiétudes exprimées par les riverains, les commerçants et les professionnels de santé installés sur ce boulevard ». Ce courrier intervient après des réactions hostiles relayées sur les réseaux sociaux, qui ont pu contribuer à ce que certains perçoivent comme un rétropédalage ou, à tout le moins, un sérieux coup de frein.
En avril dernier, peu après son élection, la maire avait déclaré : « On a l’idée de faire une piste cyclable qui rejoint la corniche du Cap Brun, les plages du Mourillon et Cuneo. Mais ça, on ne pourra pas le faire dans les cent jours ». Elle n’avait alors pas précisé si cela impliquerait la suppression de places de stationnement ou un empiètement sur les trottoirs.
Pour Daniel Garcin, la mobilisation des commerçants a été décisive. « Des restaurateurs aux pharmaciens, les commerçants de Cuneo ont fait monter la pression pour qu’on ne supprime pas de places de parking. Ils ont vu que sur l’avenue de la République, la voie s’était faite sans concertation et ils ont eu peur qu’il se passe la même chose ici », explique-t-il. La grogne suscitée par la piste cyclable à double sens le long du port de Toulon aurait ainsi dissuadé la maire de lancer une opération similaire dans les quartiers sud.
Le CIL du Mourillon clôt le sujet
Le CIL du Mourillon, qui revendique plus de 2 000 adhérents, considère que « la maire a été très claire » et que l’affaire est close. « Nos consultations permettent de prendre le pouls de la population et de relayer les inquiétudes. Et tant pis si ça ne plaît pas à tout le monde. On a quand même plus de 2 000 adhérents. Mais je peux déjà vous dire que ce ne sera pas le sujet de notre prochaine assemblée générale », affirme Daniel Garcin. Cette assemblée générale, prévue en novembre, devrait se concentrer sur le trafic des ferries, la pollution et les bouchons générés dans le quartier.



