Pessac : L'avenue de Gradignan reste à double sens malgré la colère des riverains
Le maire de Pessac, Franck Raynal, a officiellement clos le dossier de l'avenue de Gradignan, un axe stratégique reliant le centre-ville au campus universitaire. Malgré les demandes répétées de l'association de riverains Agir pour une mise en sens unique, l'élu considère que les aménagements actuels, incluant des bandes d'alerte au sol et un marquage spécifique, sont satisfaisants. « L'aménagement aboutit à un bon résultat. Les investissements ont eu lieu. Quelle que soit la municipalité issue des urnes en mars, il n'y aura pas de remise en question », affirme-t-il avec fermeté.
Des vibrations aux banderoles : Un conflit qui dure
La circulation sur l'avenue de Gradignan est un sujet épineux depuis plusieurs années, débutant par des vibrations ressenties par les habitants, attribuées aux ralentisseurs et aux bus. Entre 2023 et 2024, des travaux en profondeur ont été menés par Bordeaux Métropole en prévision du futur Bus Express (Bex), prévu pour 2028. Ces travaux s'accompagnaient de concertations avec les riverains, mais une fois achevés, ces derniers ont exprimé leur colère en apprenant que la commune n'expérimenterait pas le sens unique.
Ils ont déployé des banderoles pour dénoncer l'absence de mesures efficaces contre la vitesse, accusant la municipalité d'un coup de canif dans la concertation. Franck Raynal, de son côté, nie avoir jamais promis cette modification, soulignant que les discussions initiales n'étaient pas unanimes.
Les aménagements en place : Bandes d'alerte et controverse
Pour l'avenue de Gradignan, le marquage « chaucidou » a été supprimé et remplacé par des bandes d'alerte au sol, destinées à inciter les automobilistes à ralentir. Bordeaux Métropole précise qu'il s'agit d'un simple marquage, non de bandes gravillonnées épaisses, un dispositif peu coûteux et techniquement intéressant car il ne génère pas de pollution sonore. Cependant, l'association Agir dénonce des nuisances sonores et des vibrations persistantes liées à ces aménagements.
La collectivité se dit attentive aux signalements et prévoit une évaluation pour vérifier la conformité des dispositifs. En parallèle, un sens unique a été mis en place sur l'avenue Pierre-Corneille, avec un double sens cyclable, mais cette solution n'a pas été retenue pour Gradignan en raison de contraintes techniques, notamment la largeur insuffisante de la route.
Baisse de la vitesse : Des chiffres qui divisent
Franck Raynal publie des données issues d'un radar pédagogique installé à l'angle de la rue des Charmilles, comparant les périodes du 1er septembre au 6 novembre 2024 et 2025. Selon ces chiffres, la vitesse moyenne, les pointes et les dépassements ont diminué après l'installation des bandes et d'un rond-point marqué au sol. En 2025, 84% et 77% des véhicules (selon le sens) roulent en dessous de 40 km/h, pour une limite autorisée de 30 km/h. « Cela s'améliore par rapport à 2024, qui n'était déjà pas défavorable », estime le maire.
L'association Agir conteste cette méthode, réclamant des données sur une semaine complète en novembre pour une comparaison plus précise avec les comptages de la Métropole. Cette divergence illustre le clivage persistant entre les autorités et les habitants sur l'efficacité des mesures.
La Métropole revoit sa position
Dans un courrier du 17 mars 2025, la vice-présidente de Bordeaux Métropole chargée des transports, Béatrice de François, avait initialement soutenu une expérimentation incluant un sens unique pour intégrer le futur Bex et les modes doux. Cependant, la Métropole a depuis réajusté sa position, indiquant que le sens unique « n'est pas strictement indispensable à la performance du Bex, au regard des conditions de circulation actuelles ».
Franck Raynal justifie ce revirement par des impossibilités techniques, comme la nécessité d'une glissière infranchissable et d'une largeur de 4,5 mètres par voie, incompatible avec les 9 mètres disponibles. La collectivité annonce néanmoins des aménagements supplémentaires, notamment une station entre la rue de l'Armistice et Unitec, pour optimiser la circulation future.