Le célèbre parc de loisirs Mirapolis, fermé depuis 1991, va être remplacé par un mégaprojet immobilier soutenu par des fonds saoudiens. Cette annonce, faite par la mairie de Cergy, a provoqué une vive polémique parmi les habitants et les élus locaux, qui dénoncent un projet « franchement catastrophique » pour l'environnement et le cadre de vie.
Un projet contesté dès son annonce
Le projet, baptisé « Cergy Global City », comprendra des tours de bureaux, des centres commerciaux et des logements de luxe. Il s'étendra sur 120 hectares, soit l'équivalent de 170 terrains de football. Les travaux devraient débuter en 2025 et s'achever en 2035, avec un coût estimé à 8 milliards d'euros.
Les opposants, menés par l'association « Sauvons Mirapolis » et plusieurs élus écologistes, dénoncent un projet démesuré, qui bétonnera des espaces verts et augmentera la pollution. Ils pointent également du doigt l'opacité du financement, assuré par le fonds souverain saoudien Public Investment Fund (PIF). Selon eux, ce projet ne profitera qu'à une élite, au détriment des habitants de Cergy et des communes voisines.
Un impact environnemental et social majeur
Le projet prévoit notamment la destruction de 40 hectares de forêt, ce qui a conduit à une mobilisation citoyenne. Une pétition en ligne a déjà recueilli plus de 15 000 signatures. Les associations de protection de l'environnement soulignent que cette zone abrite plusieurs espèces protégées, comme le circaète Jean-le-Blanc et le lézard vert.
En plus de l'impact écologique, les opposants s'inquiètent des conséquences sociales. La construction de logements de luxe risque d'accélérer la gentrification du quartier, déjà touché par une hausse des prix de l'immobilier. Les commerces de proximité pourraient être évincés au profit de grandes enseignes internationales. « C'est franchement une catastrophe pour notre ville », déclare Marie Dupont, porte-parole de l'association Sauvons Mirapolis. « Nous ne sommes pas contre le développement, mais pas à n'importe quel prix. »
Une décision politique contestée
La mairie de Cergy, qui a signé une convention avec le fonds saoudien, défend ce projet comme une opportunité de créer des emplois et de dynamiser l'économie locale. Selon le maire, Jean-Christophe Villette, « ce projet est un accélérateur de croissance pour notre territoire ». Il promet 20 000 emplois à la clé, ainsi que la construction de 5 000 logements, dont 30 % de logements sociaux.
Mais ces promesses ne convainquent pas les opposants, qui rappellent que le PIF est déjà impliqué dans plusieurs projets controversés à l'étranger, notamment en Espagne et en Grèce. Ils appellent à un référendum local pour trancher la question. La pétition en ligne a été remise à la préfecture du Val-d'Oise, et une manifestation est prévue samedi prochain devant la mairie de Cergy.
Le projet doit encore obtenir le feu vert de la commission d'enquête publique, qui se prononcera d'ici la fin de l'année. En attendant, la controverse ne faiblit pas, et le débat s'annonce houleux lors du prochain conseil municipal.



