À La Seyne, un projet de 41 studios inquiète les habitants
La Seyne : 41 studios prévus, les habitants inquiets

Rue Pierre-Mendès-France, l'ancien magasin de meubles Altavilla, fermé depuis plus de 20 ans, attend toujours une reconversion. Le dernier projet en date prévoit un immeuble en R+3 abritant 41 studios à caractère social, destinés principalement à de jeunes actifs. Mais pour le Comité d'intérêt local (CIL) La Seyne Nord-Est, cette initiative ne répond pas aux besoins urgents du quartier.

Un quartier déjà saturé

Denise Velemir, membre du conseil d'administration du CIL, résume le sentiment général : « Cela fait 25 ans qu'on cherche désespérément une destination à ce site. Pendant ce temps, le reste du quartier a évolué, les immeubles se sont multipliés, la population a beaucoup augmenté et la circulation s'est intensifiée. Il est de plus en plus difficile de trouver où se garer. » Le quartier, déjà fortement urbanisé, a récemment vu sortir de terre 94 nouveaux logements avec le bâtiment Latitude 83, boulevard Jean-Rostand, accentuant les problèmes de stationnement et de manque d'espaces verts.

Un besoin de « respiration »

Pour le CIL, le terrain Altavilla représente « l'une des dernières réserves foncières qui permettrait de rééquilibrer cette situation ». L'association n'est pas opposée au développement, mais estime qu'il faut « prendre en compte la qualité de vie des habitants déjà présents ». Denise Velemir insiste : « On ne peut concevoir un quartier uniquement avec du béton, il faut des arbres, des espaces de rencontres, des lieux de détente. » Elle ajoute : « On construit un immeuble en quelques années, mais lorsqu'un espace vert disparaît, c'est pour toujours et c'est irrémédiable. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

La réponse du maire

Le nouveau maire de La Seyne, Dorian Munoz, présent pour la première fois à l'assemblée générale du CIL, n'a pas caché les difficultés : « Je suis pour tous les parkings et espaces verts que vous voulez, sauf que la ville n'est pas propriétaire du terrain ; c'est THM (Toulon Habitat Méditerranée, bailleur social). Et je n'ai pas 1 million pour le racheter. Et même si nos relations s'améliorent avec THM, je n'ai pas le pouvoir de l'empêcher de vouloir valoriser ce terrain, qui passe par l'encaissement de loyers… Mais je leur ai fait un courrier pour leur demander de revoir leur copie. » Le maire a toutefois reconnu que « tout est déjà bien engagé et que beaucoup de choses ont été signées entre janvier et mars, à mon grand regret. »

Un espoir subsiste

À ce jour, aucun permis de construire n'a été accordé pour le projet de 41 studios. Les habitants espèrent encore une modification du programme, qui pourrait intégrer des espaces verts et des places de stationnement supplémentaires. Le CIL continue de plaider pour une urbanisation maîtrisée et une vision d'ensemble du quartier.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale