Depuis 2022, une petite communauté de jésuites s'est installée dans une tour HLM de Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis. Leur quotidien mêle prière, partage de café et écoute des habitants. Cette initiative vise à renouer avec une présence religieuse de proximité dans les quartiers populaires.
Une présence discrète mais active
Les quatre jésuites vivent dans un appartement de 90 mètres carrés au 14e étage d'une tour. Leur porte est souvent ouverte, et ils organisent des temps de prière, des ateliers de lecture de l'Évangile et des permanences d'écoute. "Notre mission est d'être là, simplement, avec les gens", explique le père Antoine, l'un des membres de la communauté.
Le café est un outil essentiel : il permet de créer du lien. Chaque matin, les jésuites descendent dans le hall et invitent les habitants à boire un café. "C'est un moment de partage, sans barrière", ajoute-t-il.
Un ancrage dans le quartier
La communauté a été créée à l'initiative de la province jésuite d'Europe occidentale francophone. L'objectif était de sortir des murs des églises et de vivre au cœur des réalités urbaines. Saint-Denis a été choisie pour sa diversité et ses besoins sociaux.
Selon le père supérieur, "nous voulons montrer que l'Église peut être proche, humble, et présente dans les lieux où la vie est parfois difficile". Les jésuites participent également à des actions collectives, comme l'aide aux devoirs ou l'accompagnement de personnes isolées.
Des défis quotidiens
Vivre en HLM n'est pas sans difficultés. Le bruit, l'exiguïté, et parfois l'incompréhension des voisins sont des réalités. "Certains habitants sont surpris de voir des religieux dans leur immeuble, mais la plupart sont curieux et ouverts", témoigne le père Antoine.
La communauté reçoit aussi des visites de personnes extérieures au quartier, attirées par cette expérience originale. "Cela crée des rencontres inattendues", souligne-t-il.
Un modèle pour l'avenir ?
Cette expérience inspire d'autres diocèses en France. Plusieurs projets similaires sont en réflexion, notamment à Marseille et à Lyon. "Il y a une soif de spiritualité dans les quartiers populaires, mais il faut des formes adaptées", estime un responsable de la Conférence des évêques de France.
Les jésuites de Saint-Denis espèrent que leur présence contribuera à apaiser les tensions et à renforcer le lien social. "Nous ne faisons pas de prosélytisme, nous sommes simplement témoins de l'Évangile par notre vie", conclut le père Antoine.



