En 1905, la receveuse du bureau de poste de Salindres, dans le Gard, faisait preuve d'une économie si poussée qu'elle éclairait rarement la salle d'attente et économisait le papier, selon un article du Journal du Midi du 3 juin 1905. Ce comportement a suscité une pétition signée par 522 Salindrois et une demande de déplacement du bureau.
Une gestion jugée excessive
L'article du Journal du Midi, dans sa rubrique consacrée aux départements, décrivait la receveuse comme une « receveuse extraordinaire » pour son bureau. Elle économisait le papier en n'affichant les bulletins des cours des rentes qu'à chaque trimestre, et ne chauffait ni n'éclairait la salle d'attente pendant l'hiver, laissant les habitants dans l'obscurité absolue pour frapper au guichet, souvent fermé par crainte des courants d'air.
Le journal ajoutait un commentaire sarcastique : la receveuse, « forte de la puissance de ses protecteurs », se moquait des obligations imposées aux gérants des bureaux télégraphiques. Une requête cinglante demandait même qu'elle soit nommée à un bureau de 1re classe pour « amener une plus grande économie », et évoquait le déplacement projeté du bureau dans l'immeuble de l'aide-receveur, frère de la receveuse, pour un personnel « tout familial ».
Une pétition et un projet de déplacement
Ces faits avaient déjà fait l'objet d'une pétition signée par 522 Salindrois, exposée en conseil municipal le 8 février 1905. La délibération indiquait que la commune ne disposait d'aucun local pour le déplacement du bureau de poste, mais que la compagnie Péchiney s'était dite prête à mettre un immeuble à disposition au milieu de la rue Henry-Merle. Un bureau sera ultérieurement ouvert au n° 31 de cette rue.
Cet épisode illustre les tensions locales autour de la gestion du service public postal au début du XXe siècle, et l'impact des économies imposées sur les usagers. Le déplacement du bureau, finalement réalisé, a permis d'améliorer la situation des Salindrois.



