Réserve citoyenne de Montpellier : 60 bénévoles veillent sur les plus vulnérables
Réserve citoyenne : 60 bénévoles veillent sur les plus vulnérables

Depuis 2021, une soixantaine de Montpelliérains ont rejoint la réserve citoyenne de la Ville. À la salle Pelloutier, Alexis Gawron, l’un d’eux, épaule la Croix-Rouge qui accueille les personnes fragiles face aux fortes chaleurs. Cette initiative, lancée sous le premier mandat de Michaël Delafosse, vise à mieux protéger les citoyens et à offrir un cadre structuré à ceux qui souhaitent s’engager.

Une mission concrète auprès des plus vulnérables

Ce jour-là, Alexis est en mission à la salle Pelloutier. Boissons fraîches, climatisation, lits de camp… Tout est aménagé pour accueillir les personnes vulnérables aux fortes chaleurs. Ce dispositif est porté par la Croix-Rouge, deux de leurs bénévoles sont présentes, mais Alexis n’est pas l’un des leurs. Il est membre de la réserve citoyenne.

Animateur au service périscolaire de la Ville de Montpellier, Alexis Gawron, 55 ans, s’est inscrit au lancement de la réserve citoyenne en 2021, après avoir vu des affiches dans les rues. « Les seuls critères étaient de résider à Montpellier, pour être mobilisable sur la ville, et avoir plus de 18 ans », se remémore-t-il. Depuis, il y consacre régulièrement son temps libre, comme aujourd’hui, où son rôle est d’aider au service des boissons, des petits gâteaux, et de créer du lien.

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Des remerciements qui motivent les bénévoles

Parmi les personnes accueillies, Mohamed, 39 ans, sans domicile fixe, fait part de sa reconnaissance. « Ici, c’est un moment où on se sent bien, on peut se reposer, les bénévoles sont gentils, ils font beaucoup d’efforts », dit-il en argumentant que parfois il faut même aller jusqu’à gérer des conflits. Il ajoute : « Ils sont très courageux de faire ça l’été. Ils pourraient penser à leurs vacances, à leur famille, mais non, ils pensent à nous. Alors que le mental des gens s’arrête souvent à leur égoïsme, eux donnent de leur temps malgré leur travail à côté. »

Alexis rebondit : « C’est ça qui est beau, on fait des rencontres. C’est éphémère, mais beaucoup de gens nous disent merci, et ça nous motive à faire encore plus. » L’autre enrichissement selon lui : l’apprentissage. « C’est passionnant, on apprend énormément au fil des missions, car c’est très varié : on travaille avec différentes forces, la Croix-Rouge, mais aussi les forces de l’ordre, les pompiers… »

Un impact mesuré lors des feux en Gironde et dans les Landes

Il se dit d’ailleurs avoir été très marqué par l’impact des réserves citoyennes auprès des pompiers lors des feux en Gironde et dans les Landes : « Ils les ont aidés en leur apportant eau et nourriture, afin qu’eux puissent se concentrer uniquement sur le feu. Résultat, zéro décès chez les civils. En comparaison, le feu de 1949 avait fait une cinquantaine de morts. On voit bien que quand tout le monde s’y met, c’est puissant. »

La prévention aux risques majeurs, un autre axe clé

Aider des professionnels de la sécurité ou de la solidarité, c’est le volet opérationnel de la réserve. L’autre grand axe, c’est la prévention aux risques majeurs, celui que privilégie Sandrine, infirmière au CHU de Montpellier en voie de retraite par invalidité. Être réserviste lui permet de « garder du lien social tout en s’adaptant à son état de santé ». Concrètement, elle anime des jeux ludiques pour acculturer les populations. « En France, on est en retard sur la culture du risque : on en prend conscience trop tard, souvent quand la catastrophe est déjà là. Notre but, c’est qu’on y pense avant, pour mieux s’adapter soi, et aider les plus fragiles. »

Elle a découvert la réserve grâce à sa voisine. Aujourd’hui, c’est son mari qui hésite à la rejoindre. « Quand il me voit en tenue partir en mission, ça lui donne envie ! Dans le tram, les gens s’arrêtent sur nos uniformes se demandant qui on est, ils nous questionnent : ça nous permet de communiquer sur ce qu’on fait et parfois même de recruter », dit-elle en rigolant.

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Elle inciterait n’importe qui à s’engager : « Pour se rendre utile. On ne sait pas de quoi demain est fait, du jour au lendemain, on peut passer de volontaire à victime, d’un incendie, d’une inondation… » Sans oublier la bonne ambiance : « Il y a un super esprit de cohésion qu’on ne retrouve pas forcément dans la vie de tous les jours, parce que les gens sont individualistes. Ça me rappelle mes missions humanitaires dans l’armée. »

Un bilan chiffré et des ambitions de recrutement

Emilie Biondi, conseillère municipale en charge de la délégation Sécurité Civile, Réserve citoyenne, et Lutte contre les incivilités et la délinquance, explique la création de la réserve : « Sa création répondait à un engagement du premier mandat de Michaël Delafosse : mieux protéger les citoyens et créer de nouveaux outils, en cohérence avec l’ADN de Montpellier, fondé sur la solidarité et la proximité. La crise du Covid-19 a été l’élément déclencheur. Nous avons constaté que de nombreux habitants voulaient s’engager. Il fallait leur offrir un cadre structuré. »

Après cinq ans, la réserve compte aujourd’hui une soixantaine de bénévoles et a réalisé 37 missions opérationnelles et 56 missions de sensibilisation, touchant près de 10 000 personnes. Les réservistes interviennent en appui à la sauvegarde et à la gestion de crise. Ils ne remplacent pas les professionnels, mais prennent en charge l’humain et permettent aux pompiers et autres forces de se concentrer sur leur cœur de métier.

Pour l’avenir, Emilie Biondi précise : « Après cinq années consacrées à poser les bases juridiques, former les bénévoles et créer un ancrage territorial, l’objectif est de doubler les effectifs dans les prochaines années. Sur une ville de 300 000 habitants, ça fait 0,04 %, un cap à notre portée. La prochaine campagne de recrutement aura lieu en 2027, mais les personnes intéressées peuvent déjà postuler en ligne. »